Affichage des articles dont le libellé est Lonely boy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lonely boy. Afficher tous les articles

Sortir du jeu

 "Plus tard, à l'école, au lycée, à la fac, des groupes se forment, des amitiés éclosent ; puis des couples qui compensent, par l'intensité romantique, ce qu'ils perdent en sorties, en camaraderie. Un jour, la bulle éclate, écrivait-il dans son journal, l'iridescence s'évanouit, il ne reste plus qu'un petit être promis à la mort, dans l'indifférence générale. Quand il vit trop longtemps, ce petit être est rangé dans des mouroirs, on le mouche, on le lange, on l'essuie, on le divertit, puis on le jette." 




 

La poursuite de l'idéal, Patrice Jean 
Editions Gallimard, Collection Folio 
2021

"Les rêves, c'est rien que des mensonges"

Sandrine Collette est devenue l'une des grands auteurs du thriller français, sinon la première. Mais je ne suis pas là pour vous faire un classement, et parlons plutôt de ses livres, en particulier de son roman post-apocalyptique Et toujours les forêts, paru chez Jean-Claude Lattès, en janvier dernier. 
Je n'avais pas voulu lire le pitch de l'histoire, préférant découvrir, à mesure de la lecture, le sujet de ce roman. Le titre laisse songeur, et rappelle d'autres titres de ses livres (1), comme une continuité certes, mais en abordant plus concrètement ce thème de plus en plus utilisé chez les écrivains français actuels (il était temps depuis Barjavel ou Robert Merle) : le monde post-apocalyptique. 

Le sujet est d'actualité ! N'avons-nous pas basculé il y a quelques mois dans un pathétique Nouveau Monde ? Mais revenons à nos forêts. 

Sandrine Collette préfère vivre loin des villes, et c'est dans le Morvan qu'elle a choisi de s'installer. On retrouve dans tous ses romans, son attrait pour les grands espaces, la campagne perdue, la forêt profonde, sans oublier la mer et les coteaux de vignes. Dans des histoires ancrées dans une réalité âpre, les personnages basculent souvent dans une sorte de conte "moderne"(2), où la fiction bascule, sans que l'on s'y attende, dans une étrangeté tragique. 


Il était une fois, Corentin, un enfant traîné de foyer en foyer depuis son enfance, avant que sa mère (jeune femme volage qui aura en phrase d'adieu : «File, merde.») revienne le chercher pour l'abandonner aussitôt à Augustine, une arrière grand-mère un peu lugubre qui habite le hameau où il est né. La vie triste de Corentin prend un nouveau chemin dans cette vallée isolée au cœur des forêts, mais grâce à Augustine, il reçoit enfin un peu d'amour et de l'éducation, puis la Grande Ville l'appelle pour y faire des études supérieures. Corentin découvre les soirées enfumées aux conversations alcoolisées, aux fêtes et aux amourettes mornes. Ni lui, ni ses amis étudiants, ni personne ne voit le monde tel qu'il est : une terre meurtrie au climat devenu hostile. Le monde implose durant une nuit qui ressemble pourtant à tant d'autres, mais où il ne restera plus rien. Le monde s'est éteint, mais Corentin a survécu par miracle, coincé avec ses amis dans les catacombes où ils faisaient la fête. Quand ils découvrent la désolation autour d'eux, chacun décide de partir de son côté dans l'espoir de retrouver les siens. Corentin, resté seul parmi les cadavres et les vestiges de la Grande Ville, est déterminé à retrouver Augustine. Il prend alors la décision de longer les voies du chemin de fer pour rejoindre les Forêts à pieds. 

On pense bien évidemment au roman de Cormac McCarthy, La Route. Mais c'est bien la plume de Sandrine Collette que l'on retrouve dans Et toujours les forêts. Dans ce roman, les personnages doivent trainer l'histoire tragique de leur famille (ce fil rouge que l'on retrouve dans tous les romans de l'auteur) tout en devant se battre - en même temps que la Nature - pour survivre dans un monde éteint, où la violence des derniers hommes est d'autant plus exacerbée qu'elle a dû repousser la frontière entre l'humanité et l'animalité. Cette Nature, où les arbres dépouillés de tout feuillage sont devenus aussi noirs que l'espoir de Corentin, où le ciel gris ne fait plus passer aucune lumière, où seul le silence oppressant règne... et la peur en permanence. 
La survie d'un chiot aveugle trouvé dans sa pérégrination retient Corentin à ce monde figé dans la flétrissure, et puis il y a Augustine, qui l'attend depuis ce jour où il est parti pour la Grande Ville. Dans cette quête éperdue de survie dans un monde de solitude, Corentin veut voir la vie dans le moindre brin d'herbe dont la pâle verdeur balbutiante contraste avec la noirceur qui règne partout et dans ces petites formes étranges et grises qui s'agitent dans les rivières croupissantes. 

Et toujours les forêts conte une histoire prenante, dont le style cinématographique (3) ne fait jamais l'impasse sur la poésie déchirante d'une Nature quasi mystique, et personnage à part entière du roman.

L'espoir est là malgré tout, qui subsiste dans ces forêts mortes. Les jours et les années passent amenant des heures interminables de rudesses pour Corentin, mais l'expérience de son enfance meurtrie par une mère indigne, lui a permis de se modeler un caractère salutaire pour s'adapter à ce destin sinistre. Dans une nature mortifiée, Corentin va réussir à se créer une famille, où les sentiments seront forcés au départ, faisant fi de tout sentimentalisme évidemment hors de propos dans un monde apocalyptique, mais où peu à peu, telle une nature renaissante, l'harmonie et l'espérance gagneront. 

Et toujours les forêts reste avant tout une histoire de résilience sur fond d'apocalypse à la française

Le roman a obtenu de nombreux prix :  Prix de la Closerie des Lilas 20204,5, Grand prix RTL-Lire 2020, Prix du Livre France Bleu - Page des Libraires, ainsi que le prix Amerigo-Vespucci. 


Quelques citations :

Ce fut la fin du monde et ils n'en surent rien. Il regardait les Forêts et cela lui faisait penser à un dessin à l’encre de Chine, cela lui faisait penser à des squelettes que quelqu’un aurait peints en noir avec la régularité et l’acharnement d’un être malade.  

Quand il s’agit de survivre, on trouve en soi des ressources insoupçonnées, des forces impossibles. Quand il s’agit de survivre, on ne trébuche pas : on ne tombe qu’au dernier moment.  

S'il n'y avait plus d'étoiles. Il n'y avait plus à perdre son regard dans le ciel, il n'y avait plus de quoi rêver.

Les rêves, c'est rien que des mensonges. 

(1) Le roman Un vent de cendres paru chez Denoël en 2015, renvoie lui-aussi avec son titre à une atmosphère de désagrégation naturelle. Son roman paru en 2014, Il reste la poussière, baigne de même dans une ambiance crépusculaire et aride. Le titre de son livre Les larmes noires sur la Terre sorti en 2017, est très évocateur d'un contexte de fin du Monde, où règne la désolation. 

(2) Dans Un vent de cendres Sandrine Collette transporte le conte La Belle et la Bête, dans le vignoble champenois. 

(3) Espérons la préparation à venir d'un film (une série dirons-nous dorénavant) prochainement ! 

Titre : Et toujours les forêts 
Auteur: Sandrine Collette 
Éditeur: JC Lattès 
Genre: Roman 
Année : 01/2020 
Pays: France
ISBN : 9782709666152

Disponible à la vente

S'il reste un dernier cadeau à s'offrir pour les fêtes de fin d'année, c'est bien le premier roman de l'auteur Alexandre Martin : Onis, les lumières d'Abak. Ce roman de science-fiction est (enfin) accessible sur toutes les plateformes de vente en ligne, comme celui de la Fnac par exemple : 


On peut le commander avec son petit prix de lancement (en plus il y a cette semaine un conte de Noël qui vous est offert avec votre commande sur le site de la Fnac) sur les sites de bod./librairie, amazon.fr, decitre.fr, chapitre.com, placedeslibraires.fr, cultura.com, leslibraires.fr, ainsi que sur le catalogue des librairies physiques Dilicom. 

Titre: Onis, Les lumières d'Abak 
Auteur: Martin, Alexandre 
ISBN: 9782322258765 
ISBN ebook : 9782322216468 
 
N'hésitez-pas à laisser votre avis sur les sites... après lecture cqfd !

Fait... d'hiver. Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère - 1976

Rares sont les films traitant du monde paysan d'une manière aussi brute et dérangeante que celui de René Allio. Brutal, comme le fait divers auquel le réalisateur s'est inspiré pour réaliser une oeuvre atypique. 

C'est en lisant l'ouvrage du philosophe Michel Foucault, publié en 1973, sur un mémoire de quarante pages écrit en 1835 par un jeune paysan parricide que l'on croyait idiot, que le réalisateur des Camisards (1972), décida de se lancer dans une aventure autant cinématographique qu'humaine. 
Le thème de la remise en question de l'ordre chez les personnes du peuple est récurrente dans son oeuvre, c'est pourquoi René Allio s'est inspiré du travail de Foucault, à travers les témoignages de l'époque, d'un fait divers qui a divisé la justice et le milieu médical, tout comme la population et la presse. 

Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, frappe le spectateur par son atmosphère austère et authentique, où règnent à la fois hargne et poésie mystique. 


Alors qu'en 1975, Christine Lipinska réalise Je suis Pierre Rivière, un film de 80 minutes dans une trame académique où des acteurs professionnels (Francis Huster, Isabelle Huppert) incarnent une campagne française attendue; le film de René Allio, lui, aborde ce fait divers différemment en faisant tourner le monde paysan normand de 1976 ("des acteurs éphémères" comme les appellera le réalisateur Nicolas Philibert (2)), et se démarque par sa réalisation magnifique et froide d'un cinéma-vérité accentué par la simplicité saisissante des vrais paysans qui incarnent les villageois de l'époque (3). 

C'est un film à (re)découvrir tant son sujet reste dérangeant et sa qualité cinématographique indéniable malgré une approche docu fiction qui rend l'exercice stylistique périlleux puisque l'histoire se déroule au XIXème siècle. Un film unique, sans aucun jugement, aride et dur qui rappelle les films de Werner Herzog et en particulier L'énigme de Kaspar Hauser (1974). 


Le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un paysan normand de vingt ans, égorge à coups de serpe sa mère, sa sœur Victoire et son petit frère Jules. Il s'enfuit dans les bois, errant plusieurs semaines tel un enfant sauvage, puis décide d'aller en ville où personne ne fait attention à lui. Peu de temps après, le jeune parricide retourne dans la campagne, où il sera bientôt appréhendé. 

En respectant l'ordre chronologique du fait divers, tel que les protagonistes de l'époque l'ont vécu (l'horrible découverte du meurtre, les premiers enquêteurs et les premiers témoins racontant la fuite du meurtrier et son comportement étrange depuis l'enfance, accentuant un portrait "monstrueux" du tueur), René Allio amène peu à peu les spectateurs vers un autre angle pour présenter les scènes violentes des premières images du film. Déroutés, les spectateurs vont découvrir un jeune homme dans une cellule demandant, calme et posé, de quoi écrire à ses geôliers. Pierre Rivière entreprend alors dans le silence monacale de sa cellule, la rédaction de son histoire pour expliquer les raisons de son geste atroce. 
Ce que les juges et les médecins découvriront dans ces pages, les plongeront dans l'incrédulité. 
Le jeune paysan parricide a rédigé dans un épais mémoire, un texte d'une stupéfiante beauté. C'est une autobiographie dense qui explique les raisons de son geste dans des métaphores mêlant références historiques ou mystiques : guidé par Dieu, le jeune homme voulait délivrer son père des malheurs que lui faisaient subir son épouse infidèle qui l'exploitait depuis leur mariage. 


C'est un cinéma de fiction où le récit, les scènes, les personnages, les costumes, les paysages, les lieux que l'on dirait tout droit sortis du monde paysan du XIXème siècle sont exploités pour un rendu documentaire : les dates, les lieux, les identités rapportées, les illustrations et documents d'époque, les témoignages en monologue, les voix off alimentent le débat intense que provoqua cet obscur petit paysan que l'on croyait analphabète, écrivant son mémoire, véritable affront à la société de l'époque. 
René Allio a voulu donner la parole aux agriculteurs par le biais d'un fait divers vécu et raconté par leurs "ancêtres". Ainsi la gestuelle du quotidien et la parole n'en sont plus que vraies. Le jeune garçon qui incarne Pierre Rivière, a baigné lui-même dans le monde paysan, étant fils d'agriculteur, Claude Hébert par sa propre personnalité, solitaire et élevé par une mère autoritaire, a su incarner d'une manière troublante l'innocence et toute la fureur de Pierre Rivière. 


Le tournage se fit dans l'Orne, à quelques kilomètres des lieux historiques du drame, apportant un support réaliste au tableau de René Allio : une vision juste de la vie paysanne au XIXème siècle. Tel un peintre, comme il aime se décrire, René Allio évoque dans ses plans certaines œuvres de Van Gogh (Les Mangeurs de pommes de terre ), Millet (Les Glaneuses) ou Louis Le Nain (La Charrette) représentant des paysans sur leur lieu de vie ou dans les champs. Mais au-delà de la peinture des mœurs paysannes du XIXème siècle mettant en scène une vie quotidienne, brute et rustique, René Allio montre la société de l'époque confrontée à l'impensable, rompant ainsi l'ordre établi : un jeune idiot du village écrit un mémoire mêlant personnes réelles et héros de légende pour expliquer son geste de folie mortelle. 
Dans un récit précis et très bien écrit, Pierre Rivière fait vivre son village, les travaux des champs, les mœurs, voire les passions, et interpelle toute la société, de la justice jusqu'au milieu médical. 

Pierre Rivière était-il un jeune paysan à l'intelligence diabolique ou un esprit aliéné ? La justice et la psychiatrie ne surent que faire de ce cas, tentant en vain de l'expliquer, comme les témoins directs du drame et même la presse. 
A qui devait-on le confier, à la justice ou à la médecine ? 
Encore de nos jours, et à travers ce film, l'énigme Pierre Rivière dérange et interpelle par son comportement hors-norme. Condamné à mort puis gracié par le roi, le jeune homme se pendra dans sa cellule en 1840. 


Pierre Rivière possédait trop d'intelligence, trop d'imagination et, malheureusement pour lui, vivait dans le monde paysan du début du XIXe siècle, où les lois du village (de la famille), ne laissaient pas la place et le temps aux petits prodiges. Cet autodidacte, sauvage et fragile, en persistant dans son mode de pensée exceptionnel, dérangea et bouleversa les codes de son milieu et de son époque. 

Il aura fallu pas moins d'un siècle et demi pour enfin comprendre son mémoire. Devenu une pièce du procès, il perturba les médecins, les magistrats et les jurés de l'époque : drame social, folie, crime prémédité ? Pierre Rivière, dans un texte étrange de quarante pages explique son geste en évoquant la Bible et l'Histoire, donnant des exemples de vengeances héroïques. Son geste serait un acte noble : par son crime libérateur, puis sa condamnation (son sacrifice), il sauve son père de la haine du clan maternel. Mais ni les siens, ni la justice ne reconnaîtront ce révolté solitaire. 
Bouleversant. 


(1) Un livre, Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, fut publié aux éditions Gallimard en 1973, retraçant le travail du philosophe et de son équipe. Le livre fut réédité en 2007 dans la collection Folio.

(2) Retour en Normandie est un documentaire réalisé par Nicolas Philibert (Etre et avoir) sorti en 2007. Trente ans après le tournage de Moi, Pierre Rivière..., Nicolas Philibert évoque le parcours des agriculteurs-acteurs, leurs implications et leurs souvenirs. 

 (3) Seuls les rôles des juges, des avocats, médecins et psychiatres seront interprétés par des acteurs professionnels.

Titre : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...
Réalisation : René Allio, assistants : Gérard Mordillat et Nicolas Philibert
Scénario : René Allio, Pascal Bonitzer, Jean Jourdheuil, Serge Toubiana, d'après l'ouvrage dirigé par Michel Foucault
Photographie : Nurith Aviv
Avec Claude Hébert : Pierre Rivière, Jacqueline Millière : la mère, Joseph Leportier : le père, Annick Géhan : Aimée, Nicole Géhan : Victoire, Emilie Lihou : la grand-mère paternelle
Production : René Féret
Sociétés de production : Les Films de l'Arquebuse, Polsim Production, SFP Cinéma, INA
Société de distribution : PlanFilm
Pays d'origine : France
Genre : drame, film biographique
Durée : 125 min
Date de sortie : 27 octobre 1976

Trelkovsky à sa fenêtre. Le Locataire - 1976


Le Locataire de Roman Polanski termine la trilogie des demeures fantastiques commencée avec Répulsion en 1965, puis Rosemary’s Baby, énorme succès mondial de 1968.

Trelkovsky, jeune immigré polonais est un timide fonctionnaire dans le Paris des années 70. Il emménage dans un appartement situé dans un vieil immeuble, après que l’ancienne locataire se soit défenestrée. 


En filmant les scènes anodines du banal quotidien parisien d’un immigré polonais, Roman Polanski réalise un chef-d’œuvre d’une noirceur implacable, où la réalité se confond sans cesse avec la fiction. Le spectateur vit et ressent tout ce que « subit » le vulnérable locataire, magnifiquement incarné par Polanski lui-même. En ayant le sentiment terrible qu’il ne maîtrise plus sa vie et son environnement, le locataire va commencer, dès l’arrivée dans son nouvel appartement, une longue descente vers la solitude, la peur du rejet (voir même la xénophobie) qui se transformera en pure paranoïa puis folie. 

Peu à peu, se sentant persécuté et agressé par la froideur et la dureté de ses voisins et collègues, dont les habitations claires et spacieuses contrastent tant avec son petit appartement sombre et insalubre, Trelkovsky se renferme sur lui-même et se réfugie dans son appartement où il perçoit les bruits de ses voisins qu’il regarde vivre par la fenêtre, sorte de Jeanne regardant passer sa vie dans le roman de Maupassant : Une vie
Plus le locataire s’isole, plus les plans sont rapprochés pour accentuer un climat oppressant. Où se situe la réalité ? Dans le regard apeuré du locataire ou dans celui, dur et assuré, des autres occupants ? 

La perte de sa personnalité est-elle que Trelkovsky finit par s’identifier à l’ancienne locataire. Découvrant une robe laissée dans un placard, il se maquille et la porte en cachette, puis se met à observer le va-et-vient de la cour intérieure. Cette cour est un lieu étrange, où les voisins se rendent régulièrement occupant les toilettes en restant debout, figés pendant des heures sous le regard incrédule et terrifié du locataire caché derrière sa fenêtre.

On est à la limite du fantastique, quand le locataire découvre une dent cachée dans le mur de sa chambre : scène particulièrement éprouvante pour les nerfs ! Polanski, en adaptant le roman de Roland Topor, Le Locataire chimérique, a très bien su représenter l’univers onirique du dessinateur-écrivain (oui, je sais, c’est un peu réducteur : Topor est bien plus encore ! A découvrir au plus vite pour les plus jeunes : La Planète sauvage ! L'émission Téléchat ? une initiation au Surréalisme pour les petits).
En combinant les obsessions récurrentes de Polanski : la délation, l’oppression, la maladie, à l’imaginaire particulier de Topor, le Locataire fait basculer le spectateur dans un délire hallucinatoire éprouvant dont il est toujours difficile de se remettre, 37 ans plus tard !

Quand la réalité rejoint la fiction ou quand la raison se confond à la folie.

Titre français : Le Locataire
Titre anglais : The Tenant
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Gérard Brach, Roman Polanski d'après le roman Le Locataire chimérique de Roland Topor Photographie : Sven Nykvist
Montage : Françoise Bonnot et Jacques Audiard
Musique : Philippe Sarde
Production : Andrew Braunsberg, Alain Sarde, Hercules Belleville
Pays : France
Genre : drame, thriller
Durée : 125 minutes
Sortie en France : le 26 mai 1976

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. L'Autre - 1972

L’Autre (The Other, 1972) est un film important dans le cinéma fantastique. Il va influencer beaucoup de réalisateurs dont Brian De Palma (Soeurs de sang, 1973), John Carpenter (Halloween, 1978), M Night Shyamalan (Sixième Sens, 1999), mais aussi Hideo Nakata, le réalisateur de Dark Water en 2002.


Dans les années 30, au fin fond du Connecticut, la vie s’écoule paisiblement dans la ferme des Perry. Ada, la grand-mère russe un peu fantasque veille sur Niles jeune garçon de 9 ans qui se laisse entraîner dans les jeux téméraires de son frère jumeau Holland. Mais la vie paisible de cette petite maison dans la prairie va bientôt sombrer dans le cauchemar...

  

La représentation nostalgique de l’Enfance (et de la perte de l’innocence) est très bien rendue dans ce film de Robert Mulligan, un réalisateur assez méconnu des années 70 (1). Tandis que le film s’écoule lentement, comme l’été brûlant et les jeux des jumeaux, un sentiment de malaise s’installe dès les premières scènes. On comprend bien vite que les jumeaux, deux adorables bambins aux regards pleins de douceur, partagent un lourd secret. Ainsi le bruit qui résonne dans la mystérieuse boite en fer à laquelle Niles, l’un des jumeaux, se cramponne pendant tout le film n’est surement pas le bruit d’une bille de terre ! 

Le calme des après-midi ensoleillés, le chant lancinant des oiseaux, le bleu azur du ciel et la musique envoûtante de Jerry Goldsmith (L’ Age de cristal, 1976, The Omen, 1977, Les évadés de la planète des singes, 1971) renforce l’idée de douceur liée à l’enfance : les joies des parties de cache-cache, le vol de pots de confiture, la grange et ses recoins protecteurs... 

C’est cette particularité du film de Robert Mulligan qui en fait un chef-d’oeuvre du cinéma d’horreur : dans une lenteur presque agaçante, il montre le quotidien d’un tueur en série de 9 ans ! 

On découvre très lentement, voire sereinement, comme le sont les deux jumeaux, les "accidents" qui vont se produire. 
D’abord un rat blanc est malencontreusement étouffé par Holland sous le regard interrogateur de son frère, puis tout bascule : c’est le cousin qui tombe sur une fourche, la mère des jumeaux subira elle aussi un terrible accident, le père, lui, est mort (sans que l’on apprenne comment) avant que ne commence le film, un nouveau-né connaîtra lui-aussi une triste fin, jusqu’à la mort horrible de Ada la grand-mère russe un peu sorcière. A noter que la scène de la mort d’Ada fait penser à Carrie de Brian De Palma : la mère de Carrie est elle-aussi vêtue d’une longue chemise de nuit blanche, portant de longs cheveux roux. Elle veut entraîner Carrie avec elle dans les flammes qui ravagent leur maison, tout comme Ada veut enfermer les jumeaux dans la grange en feu afin d’expier leurs pêchés.

Ada, la grand-mère des jumeaux et Margaret White, la mère de Carrie

L’Autre est un film éprouvant. Les regards tout en douceur et interrogatifs, les non-dits des jumeaux deviennent terrifiants quand on découvre la vérité. 

Il n’y a point de Diable réincarné dans le corps d'un enfant, comme c’est le cas dans The Omen, mais la terrible représentation de la schizophrénie propre à l’enfance quand l’innocence lutte contre la violence des déceptions, du désir naissant ou de l’acceptation de la mort d’un proche. 

C’est la liberté des sentiments chers à l’enfance qui refuse de se plier aux lois des adultes. 


(1) Un été 42 est un beau souvenir télévisuel, avec une sublime musique de Michel Legrand :



Il était une fois, une fable kafkaïenne. Les Aventures Secrètes de Tom Pouce - 1993

Les Aventures Secrètes de Tom Pouce est moyen-métrage de l’anglais David Borthwick. Un conte qui n’est pas fait pour être regardé en famille un soir au coin du feu, car malgré son titre évoquant les célèbres contes folkloriques, on est bien loin de la fable enfantine. Ce Tom Pouce est plutôt la rencontre improbable entre le « bébé-fœtus » d’Eraserhead de David Lynch et l’extraterrestre E.T. de Spielberg, dans une atmosphère digne d’un roman de Kafka.

  

Dans un monde hors du temps, Tom, un petit garçon aux immenses yeux bleus, vit heureux entouré de l’amour de ses parents. Mais Tom Pouce est en fait une aberration génétique : il a la taille d’une poupée ! Ses parents, un couple à l’aspect malsain, vivant dans les bas-fonds d’une ville sombre, aux ruelles obscures rappelant le Londres de l’ère Victorienne, ont pourtant décidé de le garder. 
Habillé d’une salopette de poupée, le vulnérable Tom Pouce vit paisiblement avec ses parents et tous les insectes grouillants dans l’appartement insalubre. Mais un jour des individus mystérieux kidnappent le petit Tom et l’enferment dans un laboratoire de génétique. Ils lui font subir diverses expériences, ainsi qu’à d’autres créatures étranges. 
Tom Pouce réussit à s’évader du laboratoire, puis se retrouve dans des marais où il fait la connaissance d’un peuple d’humains aussi minuscules que lui et vivant comme à l’époque féodale. Tom Pouce, aidé de Jack le tueur de Géants, décide de retrouver ses parents. Tous les deux se préparent alors pour un long et périlleux voyage afin de retourner dans la ville des Géants, bien décidés à se venger. 


La mère de Tom Pouce a été tuée par les agents gouvernementaux qui avaient enlevé le petit être. Son père, inconsolable, noie son désespoir dans un tripot. Alors que Tom Pouce et son ami retrouvent les traces de son père, une bagarre éclate entre un ivrogne et celui-ci. Le père meurt sous les coups et sous le regard incrédule de Tom Pouce. 
Perdus et seuls dans la ville ténébreuse, les deux petits êtres décident de retourner dans le laboratoire. Découvrant la chambre secrète où les agents gouvernementaux expérimentent une arme secrète, Jack décide de libérer toute l’énergie qui y est contenue, sous le regard désabusé et complice de Tom Pouce. 
Dans une lumière aveuglante et douce à la fois, Tom Pouce se réveille dans les bras de sa maman, sous le regard protecteur de son papa… mais est-ce vraiment la réalité ? 



Les contes et légendes d’autrefois évoquaient souvent les opprimés, la dureté et la cruauté de la vie. C’est pourquoi David Borthwick, très influencé par l’univers du réalisateur tchèque Jan Svankmajer, dont le long-métrage Alice (1983), reste sans doute le plus connu de ses réalisations, réalise un court-métrage pour la BBC, rappelant ces fables noires. Mais la chaîne refuse le travail du réalisateur britannique, trouvant le sujet trop sordide pour sa programmation de fêtes de fin d’année. 
Découvert ensuite dans de nombreux festivals, le court-métrage devient un projet d’envergure pour le petit studio de David Borthwick, Bolexbrothers, et grâce aussi au soutien de Manga Entertainment, de la Sept TV en France mais aussi du bassiste de Led Zeppelin, John Paul Jones ! 


C’est un monde apocalyptique qui voit naître le petit Tom Pouce. Les humains à l’aspect patibulaire vivent dans une ville délabrée, aux ruelles étroites et sombres. Les maisons sont humides et les recoins noirs grouillent de mouches, araignées et divers autres insectes. Il n’y a aucun dialogue, juste quelques grognements et gémissements, mais aussi beaucoup de regards inquiets faisant office d’échanges entre les êtres humains et les créatures. 
Cette atmosphère cauchemardesque et oppressante a été possible grâce à une idée originale et au talent de David Borthwick : combiner dans une même scène la technique dite de « Stop-Motion » (technique photographique permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles) et la technique dite de « Pixilation » (des acteurs réels ou des objets sont filmés image par image). Ainsi acteurs réels et créatures animés évoluent ensemble dans la même scène, renforçant l’impression d’un monde entre cauchemar et réalité. 
Les déplacements particuliers des acteurs (dus à la technique utilisée), les mouches et autres insectes évoluant autour d’eux (voir sur eux), accentuent un malaise constant chez le spectateur : cette impression de voir ses pires cauchemars prendre vie devant soi dans une réalité « ralentie ». 

Titre : The Secret Adventures of Tom Thumb 
Réalisateur : Dave Borthwick 
Pays : Royaume-Uni - 1993 
Production : Bolex Brothers, BBC, La Sept, Manga Entertainment 
Durée : 1h06 
Scénario : Dave Borthwick 
Direction artistique : Dave Borthwick 
Genre : Animation
Décors : Tim Farrington, Bill Thursten 
Musique : John Paul Jones, Startled Insects

Post-Scriptum de la Dame : De nombreux prix ont été décernés à ces Aventures Secrètes dont celui du meilleur réalisateur au Festival de Cinéma fantastique de Sitges en 1993. 
La qualité du travail de l’anglais David Borthwick et ses techniques innovantes ont influencé nombre de réalisateurs comme Jean-Pierre Jeunet. 



Il existe au milieu du temps la possibilité d'une île

En 2008, l'écrivain Michel Houellebecq (Prix Goncourt 2010) adapte au cinéma son propre roman La
Possibilité d’une île. L’ancien élève de l’Ecole Louis-Lumière, passionné depuis l’adolescence par l’univers fantastique et désenchanté de H.P. Lovecraft, réalise alors un premier film bien singulier. La Dame n'en attendait pas moins de son écrivain préféré !

Les romans d'anticipation tels que La Possibilité d'une Île ou Babylon Babies (Babylon A.D. au cinéma (1)) de Maurice Dantec sont difficilement adaptables au cinéma. Aussi, Michel Houellebecq s'est-il chargé de la réalisation, du scénario et des dialogues, et tout son univers de solitude tourmentée se retrouve alors dans ce film.

Un gourou, incarné par l'acteur Patrick Bauchau (La Caravane de l’Étrange), annonce à une poignée d'adeptes la fin du monde et l'imminence d'une nouvelle ère grâce au clonage humain.

La Possibilité d'une île se découpe en trois parties :

- La secte.
Dans un hangar, quelques individus aux regards perdus, fatigués, avachis, manquant tomber parfois de leur chaise, écoutent (non sans un terrible effort de concentration) un illuminé habillé de blanc et passant quelques diapositives.
A noter que dans ce pitoyable public, les représentants de l'humanité (sic !), Michel Houellebecq écoute d'une oreille distraite le Gourou et ses promesses de jeunesse éternelle.

- L'Humanité.
Les années passent et la secte s'est tranquillement implantée dans le monde entier.
Sur l’île de Bali, Daniel, l'un des premiers membres de la secte (l'acteur Benoit Magimel, excellent dans le rôle) vient rendre visite au Prophète. Daniel s'installe dans un hôtel de luxe pour touristes vieillissants et croupissants d'ennuis.
A noter la très belle scène de l'immense et glacial hall d'hôtel, symbolisant l'état d'esprit de tous ces êtres rongés par la solitude, où chacun se croise sans se voir dans un univers aseptisé.
Le Gourou présente à Daniel le scientifique qui va bientôt concrétiser la prophétie fantaisiste de la secte.
Tous les plans sont tournés d'une manière assez lancinante, où les personnages évoluent comme dans un rêve éveillé.

- La Fin.
Cette troisième et dernière partie est celle qui intéressera le plus les amateurs de cinéma d'anticipation.
Un homme très affaibli vit reclus dans une grotte à l'abri des contaminations extérieures. C'est le 24ème clone de Daniel et c'est le dernier représentant de l'humanité, les cataclysmes ayant eu raison des hommes depuis bien  longtemps.
Daniel25 rédige tout le parcours de Daniel1 et de ses clones. Il comprend peu à peu leurs (ses) évolutions. Il ressent le besoin de quitter sa grotte afin de retrouver, errante dans les paysages dévastés, Marie22.
Elle aussi a survécu. Daniel découvrira une nouvelle sensation : le besoin d'aimer... enfin, car c'est elle la possibilité d'une nouvelle espèce.


Le film est une réussite plastique. Les paysages épurés, en particulier ceux de Lanzarote, sont grandioses et la lumière éclatante. Le silence domine le film et renforce l'impression permanente de solitude, pesante en présence des humains, et si bienfaisante dans le monde post-apocalyptique où évolue Daniel25 et Marie22.

La Possibilité d'une Ile est, après avoir été un grand roman, un film d'auteur risqué car audacieux.
C'est bien sûr un film d'anticipation, toutefois à conseiller aux cinéphiles avertis.

(1) A voir absolument, le documentaire sur le film de Mathieu Kassovitz montrant bien les difficultés que peut rencontrer un réalisateur français face à la machinerie cinématographique américaine.

Titre : La Possibilité d'une île
Réalisation : Michel Houellebecq
Scénario : Michel Houellebecq
Photographie : Jeanne Lapoirie et Éric Guichard
Musique : Mathis Nitschke
Production : Mandarin Cinéma, Éric Altmeyer et Nicolas Altmayer
Distribution : Bac Films
Pays : France Durée : 1h25
Date de sortie : 10 septembre 2008

Post-Scriptum de la Dame : Michel Houellebecq est un artiste atypique dans le paysage culturel français aseptisé. Point de scènes sulfureuses dans ce film, ce qui calmera tous les médisants qui retiennent seulement ce "détail" de l'oeuvre complexe de cet écrivain de génie.



When you come near to me...


Il me revient un commentaire que j’avais laissé sur un blog il y a peu. J’évoquais Vincent Gallo et son film Buffalo 66. Voici ce que je laissais alors :

« L’incommunicabilité (oh le vilain mot) est un thème récurrent dans l’œuvre de Vincent Gallo, autant dans ses films toujours audacieux que dans ses albums très personnels. Dans Buffalo 66, Billy s’adressant à Layla dans la scène du Photomaton résume cette « sensibilité à fleur de peau » si forte chez cet artiste atypique :

- Don't touch me.
- What do you mean, ''Don't touch me'' ?
- We're supposed to be husband and wife.
- l'm just tryin'to make it look good.
- We're the couple that doesn't touch one another.
- We like each other a lot,and we span time together.
- We just don't touch each other, all right ?

Ce cri d’amour désespéré me bouleverse à chaque fois que je regarde ce film. Est-ce que Vincent Gallo est un Freak ? Bonne question… Mais nous le sommes tous aux yeux des autres. »

Ce petit comm’ m’a donné envie de continuer plus loin dans l’évocation de l'œuvre de cet artiste-dandy, voire agaçant pour beaucoup, qui incarne si bien la solitude dans l’intime.

Quoi de plus logique que de commencer cette évocation avec son album très personnel When sorti en 2001 chez Warp Records (label indépendant anglais découvreur dans les années 90 de nombreux artistes Electro tels que Aphex Twin ou Autechre).

L’album When est composé (et enregistré dans le propre garage de l’artiste autodidacte transformé en studio d’enregistrement) principalement de chansons instrumentales. Dix titres évoquant l’Amour qui semblent « flotter » dans une ambiance parfois Jazzy ou folk.
Il règne dans tout l’album une impression d’errance aléatoire où la solitude (Yes, I'm lonely), l’amour obsession, voire exacerbé (Laura), le romantisme gentiment naïf (Honey Bunny) sont évoqués, paisiblement, dans une douceur précieuse. Vincent Gallo, grand collectionneur de matériels audio rares et d’instruments de musique vintages, ne compose pourtant que des mélodies simples pour When, et met ainsi en valeur sa voix si particulière, tremblante et androgyne à la fois, renforçant ainsi sa vulnérabilité. Cette vulnérabilité déjà perçue dans le moyen-métrage US Go Home de Claire Denis diffusé sur Arte dans la collection « Tous les garçons et les filles de leur âge » en 1994.

Il faut rester concentré quand on écoute When, car chaque titre composé à partir d’une instrumentation minime s’égare dans une langoureuse mélancolie, mais sans jamais céder à l’affliction.
Vincent Gallo est un artiste plus romantique que mégalo, dont la voix douce et hésitante vouée à une sempiternelle tristesse « délicate » laisse sa meilleure empreinte musicale dans ces compositions dépouillées. Elles se reconnaissent assez facilement depuis son film Buffalo 66. Dès les premières minutes du film, dans un sublime patchwork d’images granuleuses de narcissisme triste, il y a déjà cette volonté d’utiliser peu d’instruments : quelques accords de piano aléatoires, de maigres percussions qui se brisent dans l’air telles des vagues imaginaires, un ou deux claviers vintages... et enfin la voix féminine de Vincent Gallo, calme, presque brisée, tant attendue dans When.
Cet album est une invitation à accepter l’amour éphémère, mais certainement pas au suicide… Vincent Gallo « nous fait la grâce » de découvrir, avec cet album intimiste (autobiographique ?), une partie de son étrange univers. Déjà en 1979, avec son groupe Gray (1), dont l’un des membres n’était autre que Jean-Michel Basquiat, il emmenait l’auditeur dans une atmosphère musicale mystérieuse et « borderline ».

Vincent Gallo n’est pas psychotique, paranoïaque ou névrosé comme on peut le lire partout et surtout n’importe où. C’est un artiste sincère aux multiples talents, féru de recherches musicales et picturales. Il a su «imposer» son univers avec intelligence et classe en dévoilant ses doutes et ses faiblesses… Un comble pour celui qui a été tant décrié à cause de son magnifique et incompris film Brown Bunny ! (2)




(1) Dans le film Basquiat, Julian Schnabel, montrent quelques extraits vidéos des compositions de ce groupe underground New-Yorkais.

(2) J'évoquerai bientôt ce film ainsi que Buffalo 66.