samedi 5 novembre 2011

Quand la caravane passe...

C'est (presque) par hasard que j'ai découvert cet OVNI télévisuel qu'est la série américaine : La Caravane de l'Etrange (Carnivàle).

J'ai voulu regarder cette série pour sa distribution d'acteurs un peu "underground" dans le PAA (Paysage Audiovisuel Américain !) : Nick Stahl (Bully de Larry Clark), Michael J. Anderson (Twin Peaks de David Lynch), Adrienne Barbeau (sublime égérie de John Carpenter) etc...
Je ne m'étais pas trompée, car dès le très beau générique, on sent que l'on a affaire à une série différente : la musique (un violon au son lancinant) et la succession d'images d'Histoire représentées par des cartes du tarot nous plongent dans une ambiance noire, celle de L'histoire du Monde dans toute son horreur : Klux Klux Klan, misères sociales, crises économiques...

L'époque est rarement évoquée dans une série télévisée : les Etats-Unis des années trente durant le Dust Bowl, une succession de tempêtes de poussière qui provoqua une sorte de catastrophe écologique causant l'exode rural de millions de personnes.
Le lieu principal est lui aussi original : une fête foraine ambulante.
Les décors somptueux, les costumes hyper-réalistes, les monstres de foire pathétiques ou cruels, les paysages secs et désertiques, l'air saturé de poussière aveuglante (personnage récurrent dans la série), les vêtements trempés de sueur, collant constamment la peau des personnages, sont autant de détails qui nous font aimer très vite la série.



Un jeune homme un peu paumé, (Ben Hawkings) aux pouvoirs de guérisseur et aux rêves prophétiques, est recueilli par une troupe
de forains, après la mort de sa mère et la saisie de ses terres.
Son destin va croiser celui d'un évangéliste (le Père Justin) aussi charismatique que teriffiant.
C'est la lutte constante du Bien et du Mal... qui se reproduit à chaque génération avec la naissance d'un Elu.

C'est sans doute la richesse des détails et la noirceur des personnages qui me font penser à deux réfèrences cinématographiques et littéraires : Freaks de Tod Browning (1932) et La Foire des Ténèbres  de Jack Clayton (1983), d'après un roman de Ray Bradbury.
Tout comme Carnivàle, l'histoire de Freaks se déroule dans les années 30 dans un cirque où de véritables monstres de foire sont exhibés.
Là-aussi, un Elu voit son destin basculer malgré lui : Hans, un lilliputien illusionniste (le jeune guérisseur Ben dans Carnivàle) doit combattre la cruauté du monde représentée par une femme sublime (le séduisant prêcheur Justin dans la série).
C'est aussi le côté fantastique de Carnivàle qui rappelle La foire des Ténèbres, car comme dans le film de J. Clayton, la Foire/Caravane devient le lieu où le Mal vaincra ou non le Bien.

Tous ces éléments et références forment un début prometteur pour une série différente des autres... amenant beaucoup de questions mais ne donnant pas facilement les réponses.
C'est par un cliffhanger frustrant que se termine la série qui n'a connu malheureusement que 2 saisons, malgré les pétitions de nombreux fans se désespérant d'une nouvelle saison.


2 commentaires:

  1. je ne connais que la musique de cette caravane, très belle, de Jeff Beal, je crois. J'ai du mal à m'accrocher à des séries TV, je ne me sens pas à l'aise avec ce rythme très étendu, et une mise en scène souvent décourageante de transparence. Forcément, ton message donne envie de s'y mettre.
    Content de te retrouver ici.

    RépondreSupprimer
  2. Bien vu pour Jeff Beal (je ne le savais pas j'avoue). Je suis d'accord avec toi : il faut être très assidu quand on se lance dans une série télé. Celle-ci n'ayant que deux saisons, elle est plutôt "facile" à suivre.
    Contente de te retrouver aussi sur ce blog de "secours".
    La Dame is back ;-)

    RépondreSupprimer