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Fait... d'hiver. Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère - 1976

Rares sont les films traitant du monde paysan d'une manière aussi brute et dérangeante que celui de René Allio. Brutal, comme le fait divers auquel le réalisateur s'est inspiré pour réaliser une oeuvre atypique. 

C'est en lisant l'ouvrage du philosophe Michel Foucault, publié en 1973, sur un mémoire de quarante pages écrit en 1835 par un jeune paysan parricide que l'on croyait idiot, que le réalisateur des Camisards (1972), décida de se lancer dans une aventure autant cinématographique qu'humaine. 
Le thème de la remise en question de l'ordre chez les personnes du peuple est récurrente dans son oeuvre, c'est pourquoi René Allio s'est inspiré du travail de Foucault, à travers les témoignages de l'époque, d'un fait divers qui a divisé la justice et le milieu médical, tout comme la population et la presse. 

Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, frappe le spectateur par son atmosphère austère et authentique, où règnent à la fois hargne et poésie mystique. 


Alors qu'en 1975, Christine Lipinska réalise Je suis Pierre Rivière, un film de 80 minutes dans une trame académique où des acteurs professionnels (Francis Huster, Isabelle Huppert) incarnent une campagne française attendue; le film de René Allio, lui, aborde ce fait divers différemment en faisant tourner le monde paysan normand de 1976 ("des acteurs éphémères" comme les appellera le réalisateur Nicolas Philibert (2)), et se démarque par sa réalisation magnifique et froide d'un cinéma-vérité accentué par la simplicité saisissante des vrais paysans qui incarnent les villageois de l'époque (3). 

C'est un film à (re)découvrir tant son sujet reste dérangeant et sa qualité cinématographique indéniable malgré une approche docu fiction qui rend l'exercice stylistique périlleux puisque l'histoire se déroule au XIXème siècle. Un film unique, sans aucun jugement, aride et dur qui rappelle les films de Werner Herzog et en particulier L'énigme de Kaspar Hauser (1974). 


Le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un paysan normand de vingt ans, égorge à coups de serpe sa mère, sa sœur Victoire et son petit frère Jules. Il s'enfuit dans les bois, errant plusieurs semaines tel un enfant sauvage, puis décide d'aller en ville où personne ne fait attention à lui. Peu de temps après, le jeune parricide retourne dans la campagne, où il sera bientôt appréhendé. 

En respectant l'ordre chronologique du fait divers, tel que les protagonistes de l'époque l'ont vécu (l'horrible découverte du meurtre, les premiers enquêteurs et les premiers témoins racontant la fuite du meurtrier et son comportement étrange depuis l'enfance, accentuant un portrait "monstrueux" du tueur), René Allio amène peu à peu les spectateurs vers un autre angle pour présenter les scènes violentes des premières images du film. Déroutés, les spectateurs vont découvrir un jeune homme dans une cellule demandant, calme et posé, de quoi écrire à ses geôliers. Pierre Rivière entreprend alors dans le silence monacale de sa cellule, la rédaction de son histoire pour expliquer les raisons de son geste atroce. 
Ce que les juges et les médecins découvriront dans ces pages, les plongeront dans l'incrédulité. 
Le jeune paysan parricide a rédigé dans un épais mémoire, un texte d'une stupéfiante beauté. C'est une autobiographie dense qui explique les raisons de son geste dans des métaphores mêlant références historiques ou mystiques : guidé par Dieu, le jeune homme voulait délivrer son père des malheurs que lui faisaient subir son épouse infidèle qui l'exploitait depuis leur mariage. 


C'est un cinéma de fiction où le récit, les scènes, les personnages, les costumes, les paysages, les lieux que l'on dirait tout droit sortis du monde paysan du XIXème siècle sont exploités pour un rendu documentaire : les dates, les lieux, les identités rapportées, les illustrations et documents d'époque, les témoignages en monologue, les voix off alimentent le débat intense que provoqua cet obscur petit paysan que l'on croyait analphabète, écrivant son mémoire, véritable affront à la société de l'époque. 
René Allio a voulu donner la parole aux agriculteurs par le biais d'un fait divers vécu et raconté par leurs "ancêtres". Ainsi la gestuelle du quotidien et la parole n'en sont plus que vraies. Le jeune garçon qui incarne Pierre Rivière, a baigné lui-même dans le monde paysan, étant fils d'agriculteur, Claude Hébert par sa propre personnalité, solitaire et élevé par une mère autoritaire, a su incarner d'une manière troublante l'innocence et toute la fureur de Pierre Rivière. 


Le tournage se fit dans l'Orne, à quelques kilomètres des lieux historiques du drame, apportant un support réaliste au tableau de René Allio : une vision juste de la vie paysanne au XIXème siècle. Tel un peintre, comme il aime se décrire, René Allio évoque dans ses plans certaines œuvres de Van Gogh (Les Mangeurs de pommes de terre ), Millet (Les Glaneuses) ou Louis Le Nain (La Charrette) représentant des paysans sur leur lieu de vie ou dans les champs. Mais au-delà de la peinture des mœurs paysannes du XIXème siècle mettant en scène une vie quotidienne, brute et rustique, René Allio montre la société de l'époque confrontée à l'impensable, rompant ainsi l'ordre établi : un jeune idiot du village écrit un mémoire mêlant personnes réelles et héros de légende pour expliquer son geste de folie mortelle. 
Dans un récit précis et très bien écrit, Pierre Rivière fait vivre son village, les travaux des champs, les mœurs, voire les passions, et interpelle toute la société, de la justice jusqu'au milieu médical. 

Pierre Rivière était-il un jeune paysan à l'intelligence diabolique ou un esprit aliéné ? La justice et la psychiatrie ne surent que faire de ce cas, tentant en vain de l'expliquer, comme les témoins directs du drame et même la presse. 
A qui devait-on le confier, à la justice ou à la médecine ? 
Encore de nos jours, et à travers ce film, l'énigme Pierre Rivière dérange et interpelle par son comportement hors-norme. Condamné à mort puis gracié par le roi, le jeune homme se pendra dans sa cellule en 1840. 


Pierre Rivière possédait trop d'intelligence, trop d'imagination et, malheureusement pour lui, vivait dans le monde paysan du début du XIXe siècle, où les lois du village (de la famille), ne laissaient pas la place et le temps aux petits prodiges. Cet autodidacte, sauvage et fragile, en persistant dans son mode de pensée exceptionnel, dérangea et bouleversa les codes de son milieu et de son époque. 

Il aura fallu pas moins d'un siècle et demi pour enfin comprendre son mémoire. Devenu une pièce du procès, il perturba les médecins, les magistrats et les jurés de l'époque : drame social, folie, crime prémédité ? Pierre Rivière, dans un texte étrange de quarante pages explique son geste en évoquant la Bible et l'Histoire, donnant des exemples de vengeances héroïques. Son geste serait un acte noble : par son crime libérateur, puis sa condamnation (son sacrifice), il sauve son père de la haine du clan maternel. Mais ni les siens, ni la justice ne reconnaîtront ce révolté solitaire. 
Bouleversant. 


(1) Un livre, Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, fut publié aux éditions Gallimard en 1973, retraçant le travail du philosophe et de son équipe. Le livre fut réédité en 2007 dans la collection Folio.

(2) Retour en Normandie est un documentaire réalisé par Nicolas Philibert (Etre et avoir) sorti en 2007. Trente ans après le tournage de Moi, Pierre Rivière..., Nicolas Philibert évoque le parcours des agriculteurs-acteurs, leurs implications et leurs souvenirs. 

 (3) Seuls les rôles des juges, des avocats, médecins et psychiatres seront interprétés par des acteurs professionnels.

Titre : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...
Réalisation : René Allio, assistants : Gérard Mordillat et Nicolas Philibert
Scénario : René Allio, Pascal Bonitzer, Jean Jourdheuil, Serge Toubiana, d'après l'ouvrage dirigé par Michel Foucault
Photographie : Nurith Aviv
Avec Claude Hébert : Pierre Rivière, Jacqueline Millière : la mère, Joseph Leportier : le père, Annick Géhan : Aimée, Nicole Géhan : Victoire, Emilie Lihou : la grand-mère paternelle
Production : René Féret
Sociétés de production : Les Films de l'Arquebuse, Polsim Production, SFP Cinéma, INA
Société de distribution : PlanFilm
Pays d'origine : France
Genre : drame, film biographique
Durée : 125 min
Date de sortie : 27 octobre 1976

Trelkovsky à sa fenêtre. Le Locataire - 1976


Le Locataire de Roman Polanski termine la trilogie des demeures fantastiques commencée avec Répulsion en 1965, puis Rosemary’s Baby, énorme succès mondial de 1968.

Trelkovsky, jeune immigré polonais est un timide fonctionnaire dans le Paris des années 70. Il emménage dans un appartement situé dans un vieil immeuble, après que l’ancienne locataire se soit défenestrée. 


En filmant les scènes anodines du banal quotidien parisien d’un immigré polonais, Roman Polanski réalise un chef-d’œuvre d’une noirceur implacable, où la réalité se confond sans cesse avec la fiction. Le spectateur vit et ressent tout ce que « subit » le vulnérable locataire, magnifiquement incarné par Polanski lui-même. En ayant le sentiment terrible qu’il ne maîtrise plus sa vie et son environnement, le locataire va commencer, dès l’arrivée dans son nouvel appartement, une longue descente vers la solitude, la peur du rejet (voir même la xénophobie) qui se transformera en pure paranoïa puis folie. 

Peu à peu, se sentant persécuté et agressé par la froideur et la dureté de ses voisins et collègues, dont les habitations claires et spacieuses contrastent tant avec son petit appartement sombre et insalubre, Trelkovsky se renferme sur lui-même et se réfugie dans son appartement où il perçoit les bruits de ses voisins qu’il regarde vivre par la fenêtre, sorte de Jeanne regardant passer sa vie dans le roman de Maupassant : Une vie
Plus le locataire s’isole, plus les plans sont rapprochés pour accentuer un climat oppressant. Où se situe la réalité ? Dans le regard apeuré du locataire ou dans celui, dur et assuré, des autres occupants ? 

La perte de sa personnalité est-elle que Trelkovsky finit par s’identifier à l’ancienne locataire. Découvrant une robe laissée dans un placard, il se maquille et la porte en cachette, puis se met à observer le va-et-vient de la cour intérieure. Cette cour est un lieu étrange, où les voisins se rendent régulièrement occupant les toilettes en restant debout, figés pendant des heures sous le regard incrédule et terrifié du locataire caché derrière sa fenêtre.

On est à la limite du fantastique, quand le locataire découvre une dent cachée dans le mur de sa chambre : scène particulièrement éprouvante pour les nerfs ! Polanski, en adaptant le roman de Roland Topor, Le Locataire chimérique, a très bien su représenter l’univers onirique du dessinateur-écrivain (oui, je sais, c’est un peu réducteur : Topor est bien plus encore ! A découvrir au plus vite pour les plus jeunes : La Planète sauvage ! L'émission Téléchat ? une initiation au Surréalisme pour les petits).
En combinant les obsessions récurrentes de Polanski : la délation, l’oppression, la maladie, à l’imaginaire particulier de Topor, le Locataire fait basculer le spectateur dans un délire hallucinatoire éprouvant dont il est toujours difficile de se remettre, 37 ans plus tard !

Quand la réalité rejoint la fiction ou quand la raison se confond à la folie.

Titre français : Le Locataire
Titre anglais : The Tenant
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Gérard Brach, Roman Polanski d'après le roman Le Locataire chimérique de Roland Topor Photographie : Sven Nykvist
Montage : Françoise Bonnot et Jacques Audiard
Musique : Philippe Sarde
Production : Andrew Braunsberg, Alain Sarde, Hercules Belleville
Pays : France
Genre : drame, thriller
Durée : 125 minutes
Sortie en France : le 26 mai 1976

Let the music play. Le Bal - 1983

Le raz-de-marée médiatique, justifié ou non, provoqué par le film The Artist de Michel Hazanavicius a redonné goût au cinéma muet et dansant. Il est d'autant plus dommage que malgré cette frénésie qui semble d'ailleurs perdurer (il suffit de voir le dernier clip de Bob Sinclar (sic) pour s'en rendre compte), personne n'a profité de cette ferveur pour rendre hommage au film Le Bal (Ballando Ballando) d'Ettore Scola, l'une de ses plus belles oeuvres dans un genre cinématographique que l'on croyait révolu.


Le pitch est très simple : dans une salle de bal, des couples se font puis se défont à travers la musique et les évènement majeurs qui ont marqué l'histoire de la France des années 30 jusqu'aux années 80. 

Le film Le Bal est une adaptation, par le maître de la comédie italienne, du spectacle musical au titre éponyme, créé en région parisienne par les membres du Théâtre du Campagnol. Le spectacle a eu un grand succès populaire et critique en 1981. Grâce à Ettore Scola ce spectacle est devenu un pur bijou visuel et sonore... et sans un seul dialogue !


1983 : sous le regard imperturbable des membres d'un orchestre miteux attendant de jouer, un vieux serveur s'affaire à passer un air à la mode sur le tourne-disque d'un salon de danse, tandis que des femmes de tous âges, pénètrent, fébriles, dans l'immense salle dont le haut plafond est orné de quelques boules à facettes. Certaines femmes jettent un regard timide à leur reflet, d'autres ont un regard plus assuré sur l'image qu'elles renvoient à l'immense miroir mural devant la piste (1), puis chacune à leur tour, elles font le choix d'une petite table autour de la piste de danse pour s'y asseoir et attendre... 
Des hommes arrivent peu à peu, s'assurant eux-aussi de leur apparence devant le miroir, puis d'un pas hésitant pour les uns ou déterminé pour les autres, ils s'installent au bar. Tous les protagonistes sont enfin prêts, s'observant déjà subrepticement. Le bal peut alors commencer, et faire remonter le temps à ces danseurs du dimanche en quête de rencontres amoureuses.

Accompagnement musical : J'attendrai (version disco) - Et maintenant (version instrumentale) - Les plaisirs démodés (Charles Aznavour)


Le film d'Ettore Scola est un film singulier, mêlant à la fois humour et mélancolie dans un tourbillon musical où baignent tous les événements marquants qui ont fait la France du 20ème siècle, mais dans un seul lieu : une salle de bal (2).

La direction artistique du Maestro Ettore Scola (Une journée particulièreNous nous sommes tant aimésAffreux, sales et méchants) est impeccable, accompagnée d'un jeu d'acteur irréprochable.
La gestuelle pourtant excessive des comédiens, l'expression des visages souvent poussées à l'extrême, ne font jamais tomber le film dans la caricature mais permettent au contraire de faire oublier au spectateur l’absence de dialogue, mettant ainsi en valeur le personnage principal du film : le bal et son inéluctable orchestre invitant à danser le plus introverti des personnages. 
Car c'est bien là le sujet du film : l'Homme, cet être social n'ayant de cesse de vouloir rencontrer ses semblables, provoquant parfois la joie, l'amour, mais aussi la désillusion et le conflit. Plus le film avancera dans le temps, plus ce besoin de convivialité diminuera à mesure que le modernisme s'impose.


Au début du film, les personnages des années 80 ont du mal à aborder leur partenaire d'une danse (voire plus si affinité), puis par un mouvement subtil de caméra, les personnages d'Ettore Scola deviennent alors des couples ivres de bonheur de danser et virevoltent dans les bras les uns des autres : nous sommes en 1936, c'est le temps du Front Populaire et des airs de Java, quand les ouvriers allaient ensemble au bal pour se changer les idées et rire. 
La caméra, si statique pendant la scène se déroulant en 1983, est ici, en mouvement permanent, faisant corps avec les danseurs. On ressent leur joie d'être ensemble, on danse avec eux. 
Le cinéphile Ettore Scola rend dans cette scène un bel hommage au couple de cinéma Fred Astaire et Ginger Rogers, mais alors que les comédies musicales hollywoodiennes étaient tournées en longs plans séquences avec des chorégraphies très élaborées, dans le film d'Ettore Scola les danseurs sont des hommes et des femmes du quotidien avides de convivialité, et non pas de magnifiques personnages-danseurs. 
Ettore Scola rend aussi hommage à Jean Gabin en évoquant le film de Julien Duvivier Pépé le Moko dans une très belle scène (3) où quelques touches de couleurs se mêlent à un noir et blanc rappelant les films de l'époque. 
L'expressivité des visages y est poussée jusqu'à l'extrême, comme dans les films muets, accentuant par là même, la sincérité des protagonistes, qui durant cette décennie (les années 30) où l'union populaire était primordiale, croyaient encore aux valeurs sociales et morales. 

Accompagnement musical (4) : Le Dénicheur - Encore un petit verre de vin - La Belotte - Java de concert - La valse brune - Au plaisir des bois - Danse du tapis - Les Triolets - Perles de cristal - Parlami d'amore Mariu


Une photo immortalise les danseurs de cette fin des années 30, laissant arriver une période sombre de l'histoire de France : l'Occupation. 
Deux protagonistes du bal de cette époque se démarquent bien vite des autres pour former un couple atypique et révélateur du contexte de l'époque : le Nazi (le comédien à l'allure dégingandée Jean-François Perrier) en recherche de plaisirs "à la française" et le Collaborateur (l’inquiétant Marc Berman) prêt à tout pour plaire à l'occupant. Celui-ci "jouera" d'ailleurs la cavalière déjà conquise d'avance...


Mais bientôt les cloches des églises retentissent annonçant la Libération tant espérée. Les visages s'éclaircissent alors et les sourires font places à des éclats de rire couverts par le tintement assourdissant des cloches. Une farandole de danseurs se forme empêchant le Collaborateur d'y entrer, tandis que le Nazi a fui le bal depuis longtemps. La joie est collective et de nouveau immortalisée par une photographie.

Accompagnement musical : J'attendrai - Sérénade sans espoir - Lili Marleen - Marcel Azzola, accordéon solo - Fleur de Paris - Tha Ma Ra Boum Di Hé-Ah ! - Les fraises et les framboises - Paso Doble - La plus bath des javas


Cette libération de la France annonce une période de nouveaux plaisirs : les français apprennent le "besoin" de consommer "grâce" à leurs libérateurs américains. Le petit orchestre musette s'est transformé en un splendide orchestre de Jazz qui invite à libérer les corps et amène peu à peu nos danseurs à plus de liberté dans les mouvements (et la pensée) en se trémoussant sur des airs d'un Glen Miller Orchestra à la française (5). 

Accompagnement musical : In the mood - Top Hat & Let's Face the Music and Dance – Harlem Nocturne


Puis les années 60 s'installent doucement dans notre salle de bal. 
On vient parfois en famille pour y passer le dimanche après-midi, mais bientôt les adolescents voudront "s'amuser" loin du chaperonnage de leurs parents, et l'arrivée et l'influence des premiers Blousons noirs ne va pas arranger le conflit qui commence à se créer entre les enfants et les parents de ce début des années 60. La recherche de son petit plaisir personnel, qui répond ainsi au besoin toujours grandissant de consommer plus et posséder des biens matériels, trouve écho avec l'arrivée fracassante du rock 'n' roll. Les jeunes danseurs déchaînés s'imposent sur la piste, écartant les vieux couples bien dépassés par ces nouvelles danses "fougueuses". 

Accompagnement musical : La vie en rose - Amour, castagnettes et tango - Si tu vas à Rio - Brazil - El Negro Zumbon – Tutti Frutti


Après la sempiternelle photographie-souvenir, la salle de bal se retrouve plongée dans l'obscurité. Avec les événements de mai 1968 le silence règne dans la grande salle de bal, que seules rompent les sirènes ininterrompues des fourgons de police dans la rue. De jeunes manifestants ont investit le lieu. Allongés sur le sol de la piste de danse et utilisant le mobilier pour se protéger des bris de verre, ils écoutent le chaos à l'abri dans la salle de bal. Les étudiants de mai 1968 ne veulent pas danser, ils échangent des regards pleins d'espoirs et de peurs, espérant un changement radical à cette société de consommation de masse... tout en découvrant les effets de la marijuana. 
C'est le début de la recherche de nouveaux moyens d’évasions, ainsi la mode hippie et la vague érotique des années 70 qui en découleront, font leur chemin.

Plus qu'un film muet et musical, Le Bal à cette force de se passer de dialogue au travers d'expressions corporelles et de différents genre musicaux. Ainsi la salle de bal devient le témoin de l'Histoire, c'est bien elle le véritable personnage principal du film. 

Accompagnement musical : Michelle

Après s'être essayés à la recherche de nouveaux plaisirs, nos danseurs se retrouvent au début des années 80. 
La piste semble peu occupée, seuls un ou deux couples dansent d'un air absent. La lumière est très tamisée et les quelques boules à facettes éblouissent plus qu'elles n'invitent à la fête. Des hommes et des femmes déambulent chacun de leur côté sans trop savoir quoi faire. Les crises économiques successives ont assombri le climat de l'époque... jusque dans la salle de bal. On se réfugie dans sa solitude, ne recherchant plus l'autre. Communiquer devient alors très difficile, voire laborieux et le plaisir narcissique est roi : certains dansent devant leur image qui se reflète dans l'éternel miroir, d'autres gesticulent devant quelques danseurs ou danseuses pour essayer d'attirer l'attention. 
Parfois ça marche... 

Accompagnement musical : T'es OK


 

Bientôt tout le monde rentre chez soi, rarement accompagné. 
Ainsi le bal s’achève sur un air triste de trompette, tandis que le serveur débarrasse quelques verres sur des tables rapidement délaissées. 

Accompagnement musical : Que reste-t'il de nos amours (version instrumentale)


 

(1) La caméra prend la place du miroir, ainsi chaque personnage regarde le spectateur pendant qu'il vérifie son allure vestimentaire ou se recoiffe. 
(2) La salle de bal a été entièrement construite dans les studios de Cinecittà. 
(3) Un Jean Gabin vieillissant "apparaîtra" de nouveau dans la scène des années 6o. 
(4) A noter : c'est dans la période des années 30 que la programmation musicale est la plus riche, contrastant par exemple avec la platitude du seul titre des années 80.
(5) Cette période années 40-50 plaira beaucoup, je pense, aux amateurs et amatrices de la mode vestimentaire style Pin-up, n'est-ce-pas Miss Sunalee ;-)

Titre original : Ballando, ballando
Réalisation : Ettore Scola
Scénario : Ruggero Maccari, Jean-Claude Penchenat, Furio Scarpelli et Ettore Scola (sur une idée de Jean-Claude Penchenat).
Production : Mohammed Lakhdar-Hamina et Giorgio Silvagni
Musique : Vladimir Cosma
Photographie : Ricardo Aronovich
Pays : France - 1983
Genre : Historique, film musical
Durée :112 minutes


L'homme est un loup pour l'homme. Wolfen - 1981

Wolfen est un film américain de 1981 réalisé par Michael Wadleigh, adapté du roman de Whitley Strieber. C'est un film qui date un peu c'est vrai, mais à recommander pour les amateurs de cinéma fantastique plutôt "sophistiqué" grâce à sa mise en scène recherchée et aux effets spéciaux originaux (1).

Son histoire est elle aussi très originale : un riche homme d'affaires et sa femme sont retrouvés massacrés dans un parc de Manhattan.
Dewey Wilson, un inspecteur de police (l'impeccable Albert Finney) et une psychologue vont mener l'enquête. Bientôt d'autres corps vont être découverts dans le Bronx. Cette fois-çi ce sont des clochards. Seuls les blessures similaires sur chacun des corps vont relier les deux affaires. L'enquête va prendre une tournure surréaliste quand des poils de loups vont être retrouvés sur les cadavres déchiquetés...


Dès le générique, on est plongé dans une atmosphère étrange avec la musique "sublime" de James Horner, Brainstorm, Aliens 2, etc... et bien sûr hum...Titanic), accentuée par les magnifiques images de descendants d'indiens se tenant graves et silencieux au sommet du pont de Brooklyn, dominant un New York crépusculaire.
Le contraste est saisissant : une poignée d'hommes (les indiens respectueux de la nature) faisant face au Wall Trade Center symbole du capitalisme outrancier des années 80.

Les images qui suivent nous donnent une vision d'un New-York d'Apocalypse : des quartiers laissés à l'abandon, des églises en ruines. On pense aux dernières images de La Planète des Singes de Franklin J. Schaffner quand Charlton Heston découvre sur une plage les vestiges de New York.
Très vite, les spectateurs de l'époque qui croyaient voir un film de loup-garou comprennent que Wolfen allait être bien plus exigeant.

Wolfen est un film ambitieux par sa mise en scène efficace et par ses effets spéciaux ingénieux, qui amènent peu à peu le spectateur à se sentir "concerné" par ce qu'on lui montre.
Comme le policier, homme désabusé et distant, on découvre une réalité divergente à mesure que les repères s'effritent pour laisser place aux doutes.

Eddie Holt, un personnage étrange et ambïgue va finir par briser les repères du policier (et du spectateur). Edward James Olmos (Blade Runner) incarne Eddie, le descendant d'un indien. Il est un peu le guide du policier sur le chemin de la "vérité". A noter la performance d'acteur d'Eward James Olmos dans une très belle scène où il entre en transe (lycantropie ?) par une nuit de pleine lune, et ce, sans effets spéciaux ! Eddie annoncera d'ailleurs au policier : "Tout est dans la tête ."
La force de Wolfen, c'est d'avoir adopté la vision du "tueur" grâce au principe de la steady-cam qui rappelle alors le pas fluide et lèger d'un animal. Le spectateur se met (malgré lui) à sa place : il voit à travers son regard, il est à sa "hauteur" ! Quand c'est le "tueur" qui observe, les couleurs changent grâce à un très bon procèdé optique. Les voix humaines sont transformées et deviennent inquiètantes voire menacantes. Ces differents effets (simplissime de nos jours mais toujours efficace) montrent une autre réalité : celle du "tueur".
Malgré les massacres perpétrés au début du film, le spectateur bascule peu à peu du côté du "coupable" tant la mise en scène et les effets spéciaux sont réussis. Et quand ce "tueur" fait face aux policiers (et au spectateur) on ressent un tel frisson tant son regard est puissant et magnétique...

Alors Wolfen est-il un film fantastique ? Oui et je me plussoie !
C'est un film d'une beauté onirique : jusqu'à la fin du film, on ne sait plus où se situe la réalité. On ne sait pas si des indiens se sont réincarnés dans une meute de loups règnant sur les vestiges d'une humanité en
déclin.
La nature a-t'elle uni ses dernières forces (loups et indiens) pour se réapproprier ses droits ?
Dans la scène finale, le policier Wilson finira par comprendre et voir...

Mais Wolfen a cette force de laisser le spectateur voir ce qu'il veut. Ainsi les dernières images du film nous ramènent au sommet du pont de Brooklyn où deux indiens semblent attendre le moment où leur "réalité" deviendra celle de tous les hommes.

A vous de voir...

(1) SPFX originaux pour l'époque, car forcément en 2012 ce n'est plus évident de s'aligner avec cette sacro-sainte 3D !

Titre original : Wolfen
Réalisation : Michael Wadleigh
Scénario : Michael Wadleigh, David Eyre, Eric Roth (d'après le roman éponyme de Whitley Strieber).
Production : Rupert Hitzig et Alan King
Sociétés de production : Warner BrosMusique : James Horner
Photographie : Gerry Fisher
Pays d'origine : États-Unis
Genre : Fantastique, Policier
Durée : 115 minutes
Année : 1981



Il existe au milieu du temps la possibilité d'une île

En 2008, l'écrivain Michel Houellebecq (Prix Goncourt 2010) adapte au cinéma son propre roman La
Possibilité d’une île. L’ancien élève de l’Ecole Louis-Lumière, passionné depuis l’adolescence par l’univers fantastique et désenchanté de H.P. Lovecraft, réalise alors un premier film bien singulier. La Dame n'en attendait pas moins de son écrivain préféré !

Les romans d'anticipation tels que La Possibilité d'une Île ou Babylon Babies (Babylon A.D. au cinéma (1)) de Maurice Dantec sont difficilement adaptables au cinéma. Aussi, Michel Houellebecq s'est-il chargé de la réalisation, du scénario et des dialogues, et tout son univers de solitude tourmentée se retrouve alors dans ce film.

Un gourou, incarné par l'acteur Patrick Bauchau (La Caravane de l’Étrange), annonce à une poignée d'adeptes la fin du monde et l'imminence d'une nouvelle ère grâce au clonage humain.

La Possibilité d'une île se découpe en trois parties :

- La secte.
Dans un hangar, quelques individus aux regards perdus, fatigués, avachis, manquant tomber parfois de leur chaise, écoutent (non sans un terrible effort de concentration) un illuminé habillé de blanc et passant quelques diapositives.
A noter que dans ce pitoyable public, les représentants de l'humanité (sic !), Michel Houellebecq écoute d'une oreille distraite le Gourou et ses promesses de jeunesse éternelle.

- L'Humanité.
Les années passent et la secte s'est tranquillement implantée dans le monde entier.
Sur l’île de Bali, Daniel, l'un des premiers membres de la secte (l'acteur Benoit Magimel, excellent dans le rôle) vient rendre visite au Prophète. Daniel s'installe dans un hôtel de luxe pour touristes vieillissants et croupissants d'ennuis.
A noter la très belle scène de l'immense et glacial hall d'hôtel, symbolisant l'état d'esprit de tous ces êtres rongés par la solitude, où chacun se croise sans se voir dans un univers aseptisé.
Le Gourou présente à Daniel le scientifique qui va bientôt concrétiser la prophétie fantaisiste de la secte.
Tous les plans sont tournés d'une manière assez lancinante, où les personnages évoluent comme dans un rêve éveillé.

- La Fin.
Cette troisième et dernière partie est celle qui intéressera le plus les amateurs de cinéma d'anticipation.
Un homme très affaibli vit reclus dans une grotte à l'abri des contaminations extérieures. C'est le 24ème clone de Daniel et c'est le dernier représentant de l'humanité, les cataclysmes ayant eu raison des hommes depuis bien  longtemps.
Daniel25 rédige tout le parcours de Daniel1 et de ses clones. Il comprend peu à peu leurs (ses) évolutions. Il ressent le besoin de quitter sa grotte afin de retrouver, errante dans les paysages dévastés, Marie22.
Elle aussi a survécu. Daniel découvrira une nouvelle sensation : le besoin d'aimer... enfin, car c'est elle la possibilité d'une nouvelle espèce.


Le film est une réussite plastique. Les paysages épurés, en particulier ceux de Lanzarote, sont grandioses et la lumière éclatante. Le silence domine le film et renforce l'impression permanente de solitude, pesante en présence des humains, et si bienfaisante dans le monde post-apocalyptique où évolue Daniel25 et Marie22.

La Possibilité d'une Ile est, après avoir été un grand roman, un film d'auteur risqué car audacieux.
C'est bien sûr un film d'anticipation, toutefois à conseiller aux cinéphiles avertis.

(1) A voir absolument, le documentaire sur le film de Mathieu Kassovitz montrant bien les difficultés que peut rencontrer un réalisateur français face à la machinerie cinématographique américaine.

Titre : La Possibilité d'une île
Réalisation : Michel Houellebecq
Scénario : Michel Houellebecq
Photographie : Jeanne Lapoirie et Éric Guichard
Musique : Mathis Nitschke
Production : Mandarin Cinéma, Éric Altmeyer et Nicolas Altmayer
Distribution : Bac Films
Pays : France Durée : 1h25
Date de sortie : 10 septembre 2008

Post-Scriptum de la Dame : Michel Houellebecq est un artiste atypique dans le paysage culturel français aseptisé. Point de scènes sulfureuses dans ce film, ce qui calmera tous les médisants qui retiennent seulement ce "détail" de l'oeuvre complexe de cet écrivain de génie.



Draag, Om et Blop-Blop

Tandis que le monde entier attend fébrilement la suite d'Avatar, l'évènement cinématographique de l'année 2009 lancé à coups de matraquage médiatique et autres produits dérivés made in China, j'aimerais vous donner un peu de répit en attendant la prochaine méga production américaine.

Laissez-moi donc vous conter la belle histoire du premier film d'animation français de science-fiction : La Planète Sauvage de René Laloux.

En 1973 sort en France un curieux dessin animé destiné à un public pourtant peu concerné par ce genre, le public adulte. La Planète Sauvage a pour but de le divertir, mais surtout de l’amener à une réflexion sur la condition de l'Homme et ses responsabilités dans le fonctionnement de la Société.


Un jeune dessinateur René Laloux décide d'adapter, en collaboration avec l’artiste surréaliste Roland Topor, le roman de Stefan Wul : Oms en série.

Le peuple Draag règne sur cette planète sauvage. Son évolution est telle qu’il partage son temps entre la méditation et l’organisation harmonieuse de son monde. Il impose sa puissance à toutes les autres créatures de la planète. En guise d’animaux domestiques, les Draags élèvent le peuple Om. Un jour, Tiwa, une petite fille Draag recueille un bébé Om. Elle lui donne un nom : Terr.
Le peuple Draag règne sur cette planète sauvage. Il impose sa puissance à toutes les autres créatures de la planète. En guise d’animaux domestiques, les Draags élèvent le peuple Om. Un jour, Tiwa, une petite fille Draag recueille un bébé Om. Elle lui donne un nom : Terr.
Peu à peu, Terr acquiert les connaissances des Draags en écoutant en cachette l’enseignement de Tiwa. Devenu adulte, il amènera son peuple à la révolte au risque de faire sombrer toute la planète dans le Chaos.

L'univers sombre et poétique de l'écrivain Stefan Wul répond parfaitement aux mondes décalés et oniriques des deux dessinateurs Laloux et Topor. C'est en travaillant sur un même projet d'animation que les deux artistes se sont rencontrés dans les années 60. Bien vite, ils auront à cœur de donner matière à leur prolifique imagination où l'absurde, l'onirisme et l'humour noir se perdent dans leurs dessins surréalistes.


Malheureusement, la frilosité des producteurs devant la difficulté d'un projet aussi nouveau qu’audacieux pour la France habituée aux productions animées des anglo-saxons, amènera Laloux et Topor à "délocaliser" (déjà à l'époque !) la quasi-totalité de leur travail dans les studios de Prague. C’est pourquoi certaines mauvaises langues iront dire que La Planète Sauvage n'avait pas à être attribuée à la France !

Sans doute marqué par les événements politiques de l'époque : la domination soviétique sur les Républiques de l'Est, le film est devenue au fil de sa réalisation une magnifique et édifiante évocation des périodes les plus répressives de la première partie du 20ème siècle.
La fameuse scène de «Désomisation» reste pour beaucoup de spectateurs de l’époque et de nos jours, la plus représentative du message principal du film : un désir pacifiste de plus en plus « attendu » dans les sociétés occidentales.
Le film (et le roman) amène beaucoup de questions, mais ne répond qu’implicitement, laissant le spectateur se perdre dans la beauté visuelle de chaque plan. De même, la sublime musique du compositeur Alain Coraguer J'irai cracher sur vos tombes (1959), L'Eau à la bouche (1960) etc...) évoque dès les premières notes la respiration de la planète elle-même et un chant lancinant tantôt hypnotique quand les habitants de la planète vivent en harmonie, tantôt trépidant quand le chaos semble inéluctable.

La technique dite du «papier découpé» permet (en plus de faire des économies dans le budget !) de restituer la puissance des dessins de Roland Topor : cette technique d’animation (utilisée par Terry Gilliam pour les séquences de Monty Python's Flying Circus mais aussi plus récemment par Michel Ocelot Kirikou ou la série South park semble de nos jours bien désuette face à la fluidité des effets rendus par l’utilisation de la 3D dans Avatar !

Pourtant, la magie est toujours là.

36 ans après, le regard rouge vif et étonné de la petite fille Draag s’agenouillant pour «ramasser» un bébé Om, puis le poser dans le creux de sa main est toujours d’une telle force visuelle et émotionnelle.


Un chef-d’œuvre vous dis-je !

La force de ce film c’est aussi la mise en scène pour chaque plan travaillé.
Plus on avance dans l’intrigue, plus la Planète et ses créatures semblent sombrer dans l’inquiétude, la paranoïa. Puis l’oppression éclate soudain et les paisibles créatures (les tisseurs-troupeaux, les quadripodes et autres mangeurs de Blop-Blop !) font place au terrible Mange-Om dressé par les Draags pour se débarrasser des Oms jugés trop prolifiques dans le renouvellement de leur espèce !


Le ton grinçant de Topor, dont le roman Le Locataire Chimérique a inspiré Roman Polanski pour son film Le Locataire, (en bon moralisateur cynique, Topor était très apprécié des lecteurs de Hara-kiri !) fait merveille dans l’atmosphère pesante d’une planète très sauvage et bien étrange où tout semble se transformer à chacun des pas d’un géant Draag ou d’un minuscule Om.

La Planète Sauvage est bien plus qu’un beau plaidoyer pacifiste, toujours actuel de nos jours. C’est un film d’animation d’une richesse visuelle rare, un tableau fantasmagorique qui prend vie grâce aux talents réunis de deux artistes aux univers sombres et oniriques à la fois. C’est un film d’animation intelligent faisant la part belle l'imaginaire décalé et à l’idée que la Vie est somme toute une évidence tragique… et bien absurde parfois.


Réalisation : René Laloux
Scénario : René Laloux, Roland Topor (d'après le roman de Stefan Wul)
Musique : Alain Goraguer
Photographie : Boris Baromykin et Lubomir Rejthar
Production : Simon Damiani, Anatole Dauman et André Valio-Cavaglione
Pays : France, Tchécoslovaquie
Genre : Animation, Science-fiction
Durée : 72 minutes
Année : 1973