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Les Temps morts - Partie 1




Épreuve par neuf

SANS LIMITE
MARCHANDER
DEPROGRAMMER
AUTOMATE
DENATURER
FALSIFIER
HYBRIDES




Phase IV de Saul Bass (1974)

Tribute to Roland Topor ?



 

"Nous avons existé, telle est notre légende"

Il y a des films, des œuvres diverses qui nous accompagneront toujours. Ces œuvres nous ont interpellé à un moment donné, pour nous marquer à jamais. Elles nous auront peut-être aidé à comprendre des événements difficiles dans notre vie, voire à avancer vers un renouveau. Il y a aussi des livres qui racontent des histoires caractéristiques, sorte d'échos à notre existence. Je n'évoque pas les livres inspirés du développement personnel qui débordent dans les rayons des librairies, sous promesse de résilience (le terme est à la mode !), mais le premier roman bouleversant de l'auteur Jérome Baverey.


Octobre 2019. 
Une histoire d’amour s'achève par la rupture incompréhensible de celle qu'il pensait être son « âme sœur » rencontrée trois ans plus tôt. Après un an, resté seul avec les souvenirs de « ces bonheurs vécus, éléments scintillants et célestes d'un accord parfait », l'auteur Jérome Baverey nous fait partager avec pudeur et sans amertume, cette histoire d'amour sublimée dans une glorification des sentiments à la fois très personnelle, mais pourtant bien éternelle. 

La Dame dans le radiateur a découvert « par hasard » (si le hasard existe) ce roman autobiographique au titre éloquent : Bonheurs perdus, provoquant chez la Dame, la réminiscence de stigmates mélancoliques. Son intuition ne s'était pas trompée et les extraits sur le site éditeur achevèrent de la pousser à commander ce roman racontant les souvenirs aussi pudiques qu'exaltants d'une histoire d'amour sur fond de passion cinéphile et musicale, et dont la fin « injuste » ne pouvait que toucher la Dame ! Il n'est pas nécessaire d'être un lecteur cinéphile averti et avoir connu une belle romance pour être marqué par ce livre. La force d'un récit - inspiré ou non d'une histoire vécue – est d'emporter le lecteur dans un univers qui lui est propre, mais qui lui fait ressentir des émotions fortes et sincères. Bonheurs perdus, nous raconte l'amour vrai et inattendu qui surgit dans la vie d'un homme qui depuis l'adolescence consacrait son temps libre à la passion du cinéma et de la musique. Un peu renfermé dans cette confortable et rassurante bulle, il est convaincu que son mode de vie presque atypique ne peut correspondre à une vie de couple (1). Pourtant, un jour sans que cet homme s'y attende, il croise le chemin de LA femme dont il n'osait seulement à peine rêver. Cette femme va porter un réel intérêt à son univers, puis à sa personnalité marquée par le monde du cinéma et de la musique (Il l’emmènera très vite écumer les festivals de films de Cannes à Locarno). Cet être à la personnalité forte et fine d'esprit saura éveiller le désir en lui, et cette envie toute nouvelle de vouloir vivre un jour une vie de couple. 

Paris tient une part belle dans cette histoire piquante et magnifiée qui commence alors entre cet homme et cette femme dont le désir de vivre une aventure passionnante se ressent dans chacun des bonheurs qui sont dépeints, en particulier, une de ces scènes (tableaux) racontant une soirée à l'Opéra Garnier, où l'auteur ne cesse de lever les yeux afin d'admirer le magnifique plafond peint par Chagall. Les théâtres et les concerts, les promenades dans les jardins parisiens, véritables havres de paix, estompant l'agitation des grandes avenues, sont aussi des témoins de ce bonheur complice, les librairies spécialisées, évocation d'un Paris disparu - celui des cinémas de quartier - vont les entraîner bien évidement à la Cinémathèque de Paris, découvrant les expositions grandioses comme celle de Sergio Leone. L'auteur décrit avec pudeur, et avec une plume trempée dans une émotion poignante, ces moments de bonheurs marquants, où l'être tant chéri se trouve toujours à ses côtés. 

Dans son roman, Jérome Baverey, pose régulièrement cette question : « Je ne sais pas pour les autres, mais... ». Nombreux – je l'espère – sont ceux qui ont connu ces moments de grâce, où nous sommes certains d'être au bon endroit avec la bonne personne. Ce roman bouleverse autant qu'il apaise car il nous fait partager et (re)vivre à la fois les bonheurs « révolus » d'un amour entier, mais ces instants parfaits, ne disparaitront jamais, car ils ont fait de ceux qui les ont vécus ce qu'ils sont : des êtres à jamais sensibles et sincères. Le roman est parsemé de nombreuses anecdotes bouleversantes qui montrent bien la sincérité de cet homme qui s'est battu pour entretenir l'amour qu'il porte à cette femme : « Cela ne m'empêchait pas de vous déposer devant ta porte les week-end où tu étais avec lui (2), quand je passais devant chez toi au retour de la boulangerie, des croissants et des gâteaux dont un éclair qui était (et est toujours je l'espère) son pêché mignon.» 

Le côté cinéphile de la Dame dans le radiateur, lui fait évoquer l'idée d'un film mettant en scène cette histoire d'amour. On y verrait le pittoresque jardin anglais de l'Aimée, les week-end en Italie, l'effervescence du festival de Cannes, la légèreté des fêtes de Noël, la folle fuite du couple après un dîner au restaurant sans payer, etc... 

Qui sait si ces deux êtres ne se retrouveront pas un jour ? C'est ce que la Dame leur souhaite, mais si ce n'est pas le cas, ces bonheurs ne se seront jamais totalement perdus, car l'auteur a su les faire partager dans une bouleversante ode à l'Amour, dédicacée à l'âme sœur. Alors, qu'il destinait cette histoire à une sorte de catharsis libératrice (pardonnez le pléonasme), Jérome Baverey s'est laissé convaincre par son entourage, et a décidé de publier son récit autobiographique, dans un style simple et profond, toujours emplis de pudeur et d'émotion. Il emmène son lecteur dans un beau et tendre road-movie, comme un clin d’œil au Cinéma qui lui est cher, faisant partager de magnifiques endroits tout en gardant une part introspective à ces bonheurs vécus. 

Son second roman est déjà attendu par la Dame dans le radiateur, à noter qu'il devrait être entièrement destiné au 7e Art ! 

Mais il est temps de tourner la page... Extraits : 

« A une époque où l'on pourrait remettre en doute le bien-fondé des religions qui ne sont que des sources de haines et de conflits entre les peuples du monde, ma religion à moi c'est le cinéma et ce depuis tout petit. » 

« Tu as trouvé ça « tellement génial et romantique » de se rapprocher sur un album et de s'éloigner sur le suivant. » 

« Je retournerai surement dans tous ces endroits où notre histoire a laissé des souvenirs qui n'appartiennent qu'à nous. Mais j'y retournerai seul. Je ne les ferai découvrir à personne d'autre. Ils font partis de notre jardin secret, de notre univers. Jardins désormais un peu triste, mais aussi beau et mélancolique que ton jardin anglais. Jardin que je m’efforcerai de venir entretenir de temps à autre afin qu'il se rappelle à nous et ne meure jamais. » 


Titre : Bonheurs perdus
Auteur : Jérome Baverey
Reliures : Dos carré collé 
Formats : 11x17 cm 
Pages : 121 
Impression : Noir et blanc 
N° ISBN : 9782957706808 
Prix : 8€50

(1) Consacrer sa vie, en tout cas tous ses loisirs depuis l'adolescence, à la passion du cinéma ou de la musique, c'est un peu refuser un certain conformisme, car on sait pertinemment que cette passion dévorante sera difficilement partagée avec une autre personne.

(2) Lui, incarnant le fils de l'être aimé.

Post-Scriptum de la Dame : Le titre de cet article est extrait du poème La disparition, dans le recueil La poursuite du bonheur de l'écrivain chouchou de la Dame : Michel Houellebecq.

Oserez-vous monter sur cette étrange scène ?

The Theatre Bizarre rend hommage au genre Grand Guignol (des spectacles créés au 19ème siècle, montrant des gags horrifiques et très souvent sanguinolents) sous la forme d’une anthologie de sept courts-métrages macabres et gores à souhait tournés dans quatre pays, dont la France et le Canada, par une équipe de réalisateurs bien connus des spectateurs avides de cinéma d’exploitation (d’horreur et autres petites perversions cinématographiques) : Richard Stanley (Hardware), Karim Hussain (Subconscious Cruelty), Buddy Giovinazzo (Combat Shock), Tom Savini (le maître des effets spéciaux), Douglas Buck (Cutting Moments), David Gregory (Plague Town) et Jeremy Kasten (The Wizard of Gore) donnant la vedette entre autre à l’inoxydable Udo Kier (Chair pour Frankenstein, Suspiria, Epidemic, j’en passe et pas que des meilleurs, je pense à Dracula 3000). 

C’est le réalisateur Jeremy Kasten qui frappe les trois coups, en tirant les lourds rideaux poussiéreux du Théâtre Guignol : dans un quartier mal famé d’une grande ville américaine, une jeune fille est intriguée par les lumières qui s’échappent d’un théâtre depuis longtemps abandonné. Une nuit, elle voit que la porte d’entrée est restée entrouverte ; elle décide alors de se faufiler à l’intérieur. Mais là, dans l’obscurité, un inquiétant automate "plus vrai que nature" (l’acteur Udo Kier) lui annonce le programme du théâtre, sous la forme d’un spectacle de marionnettes. Six contes de l’Étrange lui sont alors racontés dans des sketches morbides, tandis que le maître de cérémonie devient de plus en plus "humain".


La première histoire nous emmène au cœur des Pyrénées : un jeune couple achète un collier représentant un Pentagramme sur un marché local. La marchande (la comédienne Catriona MacColl) propose aux jeunes gens de venir chez elle découvrir un exemplaire du Necronomicon. Mais la jeune femme préfère se promener, et laisse son compagnon y aller seul. Arrivé dans la maison isolée de l’étrange femme, le jeune homme se laisse séduire puis envoûter par la marchande devenue bien lubrique. The mother of toads du réalisateur Richard Stanley est un conte lovecraftien baignant dans une atmosphérique moite, qui rappelle un peu l’univers de Lucio Fulci (1) où règne la magie noire et la perversion.


La seconde histoire est mise en scène par Buddy Giovinazzo, et évoque là-aussi la fragile frontière entre la réalité et le cauchemar : un mari infidèle se perd dans ses rêves Freudiens. Un jour il se réveille en sang dans la salle de bain, avec une large entaille à la main. Alors ses souvenirs resurgissent : sa femme est venue plus tôt lui annoncer qu’elle le quittait pour aller vivre avec son amant. Cette sombre et pathétique déclaration d’amour : I love you, nous raconte la fin d’une romance virant au drame macabre avec le troublant André Hennicke (La Chute, A dangerous Method). 

Dans le conte de Douglas Buck, The accident, une mère roule paisiblement, avec sa petite fille à ses côtés, aux abords d’une forêt quand elles se font doubler par un motard. Peu de temps après, elles découvrent que la moto a percuté un élan. L’animal, blessé, est couché sur le bord de la route, et la petite fille se voit confrontée à la lente agonie de l’élan. Rentrées toutes les deux à la maison, la fillette se blottit sous les couvertures de son petit lit, pour écouter sa mère lui expliquer ce qu’est la Mort. The accident est une lente réflexion sur la cruauté du Monde. Cette histoire fait une douce césure avec les histoires gores précédentes, et semble flotter au dessus du Theatre Bizarre, en attente d’un nouveau conte horrifique.


Le maître des SPFX, Tom Savini, passe de nouveau derrière la caméra (2) pour mettre en scène un homme qui sombre peu à peu dans la paranoïa après avoir fait un cauchemar terrifiant. Sa femme va-t-elle sombrer elle-aussi dans la folie quand elle découvrira que son mari la trompe ? Mais où se situe vraiment la réalité ? Wet Dreams met en scène l’actrice Debbie Rochon (connue chez les plus aware d’entre nous comme étant une Scream Queen Tromasienne (3)) dans un rôle différent de ses personnages habituels : une gentille femme au foyer découvre que son mari la trompe. A noter que les effets spéciaux très gores sont réalisés par la société spécialiste des films d’exploitation Toetag Pictures (August Underground de Fred Vogel).


Vision stains, réalisé par Karim Hussain, est l’histoire qui, à mon humble avis, se veut la plus originale : une jeune femme vivant dans un recoin insalubre d’une ville obscure écrit dans son journal intime les effets de la nouvelle drogue qu’elle utilise et surtout comment elle se la procure. Elle n’hésite pas à tuer les clochards qu’elle côtoie pour se faire un shoot avec le fluide de leurs yeux, puis se l’injecte dans son propre oeil. Vision stains met le spectateur mal à l’aise dès les premières images. L’interprétation de l’actrice Kaniehtiio Horn (The Wild Hunt) est saisissante, donnant vie au cauchemar surréaliste que ressent son personnage drogué jusqu’aux yeux !


La sixième et dernière histoire propose aux spectateurs du Theatre Bizarre de prendre une petite collation qui va se transformer très vite en orgie cauchemardesque : un jeune homme timide et fou amoureux d’une femme adorant les bonbons, se force à manger lui-aussi des kilos de sucreries, mais cette envie d’amour sucré (!) va se transformer en dramatique obsession pour la nourriture et les banquets orgiaques. Bientôt la jeune femme annonce qu’elle veut quitter son compagnon. Sweets, réalisé par David Gregory, est un délire visuel jouant à la fois sur le dégoût de la nourriture et le désir de luxure. Entre Marco Ferreri et Tim Burton !


The Theatre Bizarre est une œuvre cinématographique réalisée et produite par des fans et surtout des spécialistes du genre fantastique. La société de production Metaluna, créée par Jean-Pierre Putters (le créateur de la revue mythique Mad Movies) et le réalisateur Fabrice Lambot (Dying Dog), a collaboré à cette aventure internationale. Le cinéma de genre en France étant totalement dédaigné (4), il est bon de saluer cette initiative cinématographique.

Ce Théâtre Bizarre joue, tantôt sur la sempiternelle peur et la fascination du spectateur pour les histoires d’horreur, tantôt sur les images provoquant le dégoût, avec des scénarios, des tons et des styles très chamarrés. C’est avant tout un film pour les fans de gore distillant les clins d’oeils et les références cinématographiques à ce genre de cinéma : la comédienne Lynn Lowry (Score, I drink your blood, Shivers) fait une apparition dans le film de David Gregory, le compositeur Simon Boswell (Phenomena, Santa Sangre, Le Maître des illusions) fait lui-aussi une apparition dans ce Theatre Bizarre. C’est un film à sketches conçu par des passionnés, où chaque réalisateur a pu aider et travailler sur différentes histoires, comme Karim Hussain qui s’est occupé par exemple de la photographie pour le sketch de Richard Stanley. The Theatre Bizarre est une œuvre destinée aux plus férus des amateurs du genre horrifique, mais elle reste bien inégale. Malgré la présence d’acteurs fétiches de ce cinéma, et des meilleurs réalisateurs indépendants actuels, l’exercice de style reste toujours aussi périlleux, il suffit en effet d’évoquer les films fantastiques à sketches les plus connus comme Creepshow de George A. Romero (même s’il n’y a qu’un seul réalisateur au générique, le film reste pourtant très bancal), le film britannique Tales from the Crypt de 1972, ou la référence absolue : La Quatrième Dimension réalisée par John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller. Ces films n’ont pas eu le succès attendu à l’époque, montrant bien que le film à sketches est un genre particulier aux segments souvent aléatoires, tentant le difficile équilibre entre des scénarios, des styles et des tons trop différents. Le film Histoires Extraordinaires de 1968, inspiré des nouvelles d’Edgar Allan Poe est peut-être le film à sketches le plus abouti, et prouve que l’on peut réussir, malgré toutes les difficultés, cet exercice cinématographique bien complexe. Saluons tout de même cette récente tentative, en nous rendant dans ce Theatre Bizarre, qui n’a, après tout, que le seul but de redonner vie à un genre cinématographique toujours aussi peu reconnu en France, mais que la Dame aime tant.


Réalisation : Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, David Gregory, Karim Hussain, Jeremy Kasten, Tom Savini et Richard Stanley
Designer sonore : David Uystpruyst
Budget : 500 000 dollars
Sociétés de production : Severin Films, Metaluna Productions, Nightscape Entertainment, Quota Productions
Pays d'origine : États-Unis, France
Langue originale : Anglais
Genre : Horreur Durée : 114 minutes
Dates de sortie : États-Unis : 20 avril 2012 en DVD 
France : 9 mai 2012

Article paru le 12 décembre 2012 sur le site Les Mondes Etranges.

(1) Catriona MacColl est une égérie de Lucio Fulci (Frayeurs, L’Au-Delà, La Maison près du cimetière).
(2) Tom Savini, plus connu pour ses effets spéciaux gore (Zombie, Vendredi 13, Family Portraits), tourne en 1990 le remake de La Nuit des morts-vivants de George A. Romero, film où il était d’ailleurs pressenti pour réaliser les SPFX.
(3) En français : Reine du Hurlement dans les productions Troma ( The Toxic Avenger 4, Tromeo et Juliet).
(4) A voir, cette production originale de chez Metaluna, qui intéressera tous les fans d’un cinéma fantastique 80’s sentant bon l’amateurisme : Super 8 Madness réalisé par Fabrice Blin et Vincent Leyour.


Il était une légende...

En 1977, Ridley Scott réalise son premier long métrage : The Duellists (Durant 15 ans, deux hussards se poursuivent et s’affrontent en duel à cause d’une simple brouille). Très impressionné par la magnificence des paysages français où il tourne la plupart des scènes de ce film, le réalisateur britannique plus habitué au tournage de films complexes (Blade Runner, Alien) destiné à un public restreint, commence à envisager l’idée d’un film mettant en scène un univers totalement imaginaire, racontant une mythologie plus accessible au « grand public ». Il fait appel au romancier William Hjortsberg afin que celui-ci ébauche un scénario inspiré d’un sujet universel, lié aux souvenirs d’enfance : le conte de fée. 

Dans une forêt enchantée aux arbres immenses et magnifiques, divers personnages et animaux vivent en harmonie avec des créatures fabuleuses (lutins, elfes et autres farfadets). Tous les habitants de la forêt vivent heureux grâce à la protection d’un couple de licornes sacrées. Mais le danger menace : Darkness, le seigneur des Ténèbres (incarné par Tim Curry himself !) attend, caché dans les entrailles de la terre, son heure… Lily, une toute jeune et belle princesse, va provoquer, à cause de son insouciance, la mort d’une des licornes et réveiller les forces du mal. Le fragile équilibre du monde de la lumière bascule alors. La forêt et ses habitants se figent dans une glaciation soudaine. La princesse Lily (Mia Sara, Timecop) aidée de son ami Jack (Tom Cruise alors acteur débutant) et de Gump (l’incroyable David Bennent mais sans son Tambour), lui-même secondé d’une fée clochette au fichu caractère, décident d’affronter Darkness dans son propre royaume voué au mal. 


Legend, comme Dark Crystal ou Le Seigneur des Anneaux, raconte la quête éternelle du héros au cœur pur et au courage sans faille affrontant les forces du mal pour rétablir l’ordre du monde. Ce scénario n’a bien sûr rien de révolutionnaire. Par contre, la réalisation maîtrisée et minutieuse, ainsi que la conception visuelle de la forêt enchantée et du royaume des ténèbres font de Legend une première dans l’histoire du cinéma et un film unique où le conte de fée de notre enfance prend forme devant nos yeux. 

Tous les décors ont été entièrement reconstitués dans les studios anglais de Pinewood. Ainsi, la forêt et tous ses immenses arbres ont occupé pas moins de six plateaux dont le fameux « oo7 stage » (créé uniquement pour les films James Bond). Point d’effets numériques pour les effets spéciaux de Legend ! Les rayons de lumière que filtrent les feuilles des arbres majestueux semblent émaner de véritables rayons du soleil. Pourtant ce sont d’immenses projecteurs qui font office de source solaire ! Mais c’est pourtant bien la vie qui émane de cette forêt (personnage principal du film). Le souffle d’un vent léger fait s’agiter les feuillages d’un vert tendre, le frémissement d’une mousse épaisse et fraîche invite les habitants à se reposer au pied d’un tronc millénaire, le bourdonnement des insectes se mêlant au pollen virevoltant dans l’air frais, accompagne les chants d’oiseaux multicolores. Grâce à un tel contrôle de l’environnement végétal (impossible dans des décors naturels), l’univers propre aux contes de fée prend vie, renforcé par la présence d’animaux réels : loups, biches, lièvres, grenouilles, vers luisants, oiseaux… (et licornes, cqfd). C’est ce qui fait la différence avec les films de Jim Henson (Labyrinth, Dark Crystal) où toutes les créatures sont issues de l’imaginaire Fantasy, voir même burlesque pour Labyrinth. D’ailleurs Ridley Scott dira à l’époque, qu’ « au départ, le film se voulait une célébration de la nature. » 

La représentation du royaume de Darkness est d’autant plus sombre que la forêt est merveilleuse. Les colonnes immenses aux sculptures démoniaques soutenant les voûtes du château maléfique terré dans les entrailles de la forêt rendent l’impression d’un monde aussi immense que celui de la Lumière. La cuisine dont l’âtre de la cheminée ressemble plus à une gueule béante crachant des flammes (de l’enfer !) grouille d’ogres cuisiniers affairés aux repas du Malin, sous le regard terrifié des prisonniers destinés à finir dans les plats. Toute cette richesse picturale permet à Ridley Scott de mettre en scène à l’échelle réelle un monde aussi féerique que démoniaque. 


De nombreux personnages au caractère bien défini et autres créatures peuplent ce monde de légendes : Darkness est le personnage le plus représentatif de la créativité et de l’originalité de ce film. L’acteur Tim Curry (The Rocky Horror Picture Show) met la subtilité de son jeu ainsi que sa voix puissante au service du rôle et, malgré l’impressionnant maquillage qui le recouvre entièrement, Tim Curry donne au seigneur du mal une dimension terrifiante et majestueuse, inspirée principalement par le diable de Fantasia. Sublime ! Toutes les créatures qui font du conte de fée la plus merveilleuse des histoires à raconter (et à voir grâce à Ridley Scott) n’ont pas été oubliées : les méchants ogres et autres inquiétants Gobelins, les lutins, les elfes et farfadets, la curieuse créature Gump, judicieusement incarné par David Bennent, au corps juvénile, dont le regard et le sourire semblent pourtant si mystérieux et inquiétant, les gracieuses licornes (deux magnifiques chevaux d’un blanc immaculé) et bien sûr la princesse et son fidèle et courageux ami prennent vie dans cet univers aux décors naturels et pourtant magiques si minutieusement reconstitués. A noter la puissante et envoûtante musique de Jerry Goldsmith (dans la version européenne du film), ainsi que les maquillages spécialement conçus pour ce film par Rob Bottin (Robocop, Fight Club). Même si l’histoire et les personnages restent très manichéens,

Legend est un film qui a traversé le temps sans prendre aucune ride, restituant parfaitement l’univers merveilleux et inquiétant des contes de fée.


Réalisation : Ridley Scott
Scénario : William Hjortsberg
Décors : Leslie Dilley et Assheton Gorton
Costumes : Charles Knode
Photographie : Alex Thomson
Musique : Jerry Goldsmith (version européenne), Tangerine Dream (version américaine)
Pays d'origine : Royaume-Uni, États-Unis
Genre : fantasy
Durée : 125 minutes et 94 minutes (version internationale), 114 minutes (director's cut)
Sortie le 13 décembre 1985

What’s in the basket ? Xtro !


Xtro de Harry Bromley Davenport (1983) et Basket Case de Frank Henenlotter (1982) ont en commun une réalisation proche de l’artisanat avec un budget se réduisant à une peau de chagrin, le tout sous l’égide de distributeurs en mal d’effets gore (très à la mode à l’époque, le "Sick Movie") et de scènes coupées ou remontées à leur guise. Un autre point commun me donne l’envie de faire un parallèle entre ces deux films « fauchés » et très personnels : la thématique de la filiation dans ce qu’elle a de plus contraignante ! Mais attention aux éclaboussures, car on risque de se mettre du sang partout...

Dans Xtro, un anglais, Sam Phillips, se fait enlever par des extraterrestres sous les yeux terrifiés de son jeune fils Tony. Trois ans plus tard Sam revient sur terre sous l’aspect d’une créature monstrueuse. Bien décidé à renouer avec sa famille, Sam réussit à retrouver son aspect d’homme, (je reviendrai sur cette scène horrible et culte) afin de transmettre ses pouvoirs surnaturels à Tony et perpétuer ainsi une nouvelle espèce.
 
 
Pour Basket Case (Frères de sang), Duane, un jeune blondinet débarqué de sa province, s’installe dans un hôtel de passe en plein cœur de la sordide 42ème rue d’un New-York du début des années 80. Le jeune homme a été séparé à l’adolescence de son frère siamois, Bélial, par des chirurgiens sans scrupules. Encombré d’un énorme panier en osier, Duane veut se venger…
 

« What’s in the basket ? » Telle est la question récurrente pour chacune des futures victimes de Duane et Bélial. 

Tandis que Xtro veut évoquer les films de science-fiction américains des années 50 dans une trame plutôt classique, comme La Guerre des Mondes, Basket Case rappelle (si on est une chroniqueuse audacieuse) Sisters de Brian De Palma, Eraserhead , mais surtout les films trash de Herschell Gordon Lewis et ceux de John Waters. Harry B. Davenport voulait avant tout pour son second film (le premier, Whispers of Fear, lorgnait plutôt vers le thriller) étonner, surprendre voir provoquer le spectateur faisant fi de la qualité des effets spéciaux (à noter les différents aspects des extraterrestres pourtant issus de la même espèce, ou le mode de procréation lui-aussi un peu trop varié), tout comme Franck Henenlotter se fichait du rendu « cheap » de la technique stop-motion et de l’aspect caoutchouteux de Bélial, le frère siamois du blondinet benêt. Le but des deux réalisateurs étant de contrer la vague politiquement correct qui commençait à déferler avec la grosse machinerie Spielbergienne : les gentilles créatures n’ont pas toutes de grands yeux bleus innocents.
 

Les deux films se divisent en deux parties : la partie sociale et la partie « agressive ». Cette dernière partie étant « adoucie » pour Xtro par les scènes « oniriques » avec Tony, mais accentuant par là même, les scènes gores dont la fameuse « scène du viol par l’extraterrestre ». Je l’avais promise, la voici donc cette scène devenue culte : la créature de l’espace « engrosse » une jeune femme. Sam renaît instantanément des entrailles de la pauvre victime. C’est ce qu’on appelle une fécondation express ! Choquant 27 ans après. Dans Basket Case les scènes deviennent de plus en plus gores à mesure que Bélial comprend son implacable marginalité : la fiancée de Duane rendra Bélial fou de jalousie et poussera celui-ci à « convoiter » la promise de son frère. Le père des deux frères siamois, après avoir été retrouvé, se verra « tranché » en deux, puis l’un des chirurgiens comprendra l’effet du scalpel sur son propre visage. Attention aux âmes sensibles ! Mais on peut déceler dans ces deux films extrêmement gore, une note (légère certes) de poésie macabre. Pour Basket Case : Bélial, cette aberration de la nature, ce freak, écoute paisiblement au coin du feu, sur les genoux de sa tante adoptive, un conte pour enfant. Touchant, malgré les élans imprévisibles de Bélial, tel le refus de la société quand il fait tomber un téléviseur offert par son frère. Duane quant à lui, se rêve nu parcourant les rues d’un New-York endormi. Dans Xtro, les rêves et les jouets de Tony prennent vie grâce aux pouvoirs de son père. Mais Tony n’est pas Elliot et très vite les rêves de l’enfant deviennent un enfer pour le voisinage.
 

C’est surtout le mauvais goût, parfois grossier, qui a la part belle dans Basket Case, tandis que Xtro hésite perpétuellement entre film d’horreur moderne et onirisme agressif. Franck Henenlotter, lui, en digne héritier de John Waters, mais malgré une réalisation difficile à cause des conditions de tournage (les décors sont ceux d’un vrai hôtel de passe dans les bas-fond de New-York) joue la carte des couleurs jaunâtres, de l’interprétation douteuse, d’un éclairage sombre et d’une animation hasardeuse pour Bélial. Ainsi chaque scène deviendra culte car complètement ringarde. D’ailleurs ce sont les fans de la première heure qui pousseront le distributeur américain à « rendre » toutes les scènes intactes à Basket Case. Ces deux cinéastes alternatifs resteront marqués par leurs premiers films et Harry B. Davenport réalisera trois Xtro pour disparaître dans les oubliettes du film d’horreur, tandis que F. Henenlotter réalisera Brain Damage, sorte de remake plus « léché » de son Basket Case, qu’il disait à l’époque détester, puis le plus connu : Frankenhooker (1990) et enfin Basket Case 3 : The Progeny avec pour ces deux séquelles, la collaboration de Bob Martin le rédacteur-en-chef de la mythique revue Fangoria.
 

A (re)découvrir si l’on veut connaître deux pièces maîtresses d’œuvres fauchées venant droit du cinéma d’exploitation dont l’honnêteté féroce et le mauvais goût volontaire des réalisateurs ne sont certainement pas à mettre en doute.
 
Titre original : Basket Case
Titre français : Frère de sang
Réalisation : Frank Henenlotter
Scénario : Frank Henenlotter
Photographie : Bruce Torbet
Pays d'origine : États-Unis
Genre : horreur
Durée : 91 minutes
Date de sortie : 1982

Titre : Xtro
Réalisation : Harry Bromley Davenport
Scénario : Ian cassie & Robert Smith
Production : New Line Cinema
Photographie : John Metcalfe
Pays d'origine : Grande-Bretagne
Genre : science-fiction & horreur
Durée : 1h20
Date de sortie : 1982

Article publié sur le site Mondes étranges.fr en 2010

Le Fantastique au cinéma. Qu’est-ce que c’est ?

A lui tout seul, le genre fantastique représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de la production cinématographique actuelle, alors qu’en 1970 le cinéma fantastique ne représentait que 5% du chiffre d’affaire de l’industrie cinématographique américaine (1).

Petite définition : l’environnement naturel et social où nous nous situons vous et moi (enfin j’espère pour vous) se trouve confronté à des phénomènes non rationnels. Des créatures du folklore ou des objets interviennent dans le quotidien de personnages eux bien ancrés dans la réalité : fantômes, loup-garou, mutants, maisons hantées, miracles, extraterrestres, sorcières et autres incubes. Ces phénomènes non naturels sont soit acceptés ou soit combattus par les personnages. 

Sans remonter aux prémices du cinéma, le genre Fantastique a été très vite un sujet de prédilection pour beaucoup de réalisateurs. L’audacieux Cabinet du docteur Caligari en 1920 de Robert Wiene frappe encore de nos jours par l’étrangeté de la mise en scène et des décors. Norman Mc Leod réalisa déjà en 1933 une version filmée du roman d’ Alice in Wonderland, qui était en fait une adaptation du roman victorien : De l’autre côté du miroir. Au cœur de la nuit (1945) a été réalisé par trois réalisateurs britanniques et le réalisateur brésilien surréaliste Alberto Cavalcanti. Il reste l’un des films britanniques les plus connus. L’un des premiers films à évoquer les phénomènes d’apparitions de fantômes fut L’Aventure de madame Muir en 1947 de Joseph Mankiewicz, puis la trilogie Ring du japonais Hideo Nakata inspirée des Yurei Eiga insuffle aux films "grand spectacle américain" des années 80 (Ghostbusters, Candyman, etc…) un retour inespéré au... discernement. Le film Les Aventures fantastiques du baron de Münchhausen de Josef von Baky en 1943 est une formidable adaptation des récits imaginaires d’un vrai baron allemand. Tourné en Agfacolor et en deux ans, ce fut une prouesse pour l’époque aussi technique qu’historique. En 1946 La Belle et la Bête de Jean Cocteau reste encore de nos jours un magnifique conte de fée filmé qui a inspiré beaucoup de grands réalisateurs dont Ingmar Bergman. La Bête aux cinq doigts, toujours en 1946, de Robert Florey fut l’un des premiers films d’horreur de l’histoire du cinéma, teinté toutefois de moments humoristiques, car la Warner Bros à l’époque ne croyait pas encore à l’impact populaire d’un film entièrement axé sur le Fantastique. Le Labyrinthe de Pan du mexicain Guillermo Del Toro en 2006 évoque le conte de fée destinée aux adultes, tandis que le métaphorique Cube en 1997 du très inégal réalisateur Vincenzo Natali, fait entrer le cinéma d’horreur indépendant dans les milieux branchés. Frankenstein en 1931 a sans doute influencé à lui tout seul presque tout le cinéma fantastique et reste bouleversant encore de nos jours. L’Echelle de Jacob du réalisateur Adrian Lyne en 1990, annonce une nouvelle approche des phénomènes inexpliqués : le Twist final (le film nécessite une seconde lecture pour comprendre la trame réelle). Le Sixième Sens, Mulholland Drive, Les Autres ont recours à ce procédé assez récent au cinéma. La Charrette fantôme en 1939 du réalisateur français Julien Duvivier transporte les spectateurs dans une tourmente reflétant le contexte politique de l’époque, dans un réalisme sombre se mélangeant au surnaturel. Le très industriel et surréaliste Eraserhead de David Lynch en 1976 restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont vu. En 1957, le français Jacques Tourneur réalise pour la Columbia Rendez-vous avec la peur. Profondément mystique, Jacques Tourneur, persuadé qu’il existe des mondes parallèles, obtiendra l’autorisation de tourner sur le site de Stonehenge, accentuant l’ambiance réaliste de son film fantastique. Roger Vadim, Louis Malle et Federico Fellini réalisent Histoires Extraordinaires en 1968, regroupant ainsi trois nouvelles de différents recueils du poète et romancier Edgar Allan Poe, lui-même à l’origine du genre Fantastique. L’Alliance (1971) du réalisateur français Christian De Chalonge est un film fantastique plutôt méconnu qui pourtant mérite d’être évoqué.


Tant de films restent à évoquer dans ce petit inventaire comme la fresque fantastique en quatre parties du réalisateur japonais Masaki Kobayashi, Kwaïdan, inspiré de quatre contes fantastiques de l’écrivain Lafcadio Hearn. Dans la peau de John Malkovich est un film insolite de 1999 du réalisateur déjanté Spike Jonze, quant au film visionnaire de fritz Lang Metropolis (1921) celui-ci reste la référence avec Blade Runner de Ridley Scott dans la représentation de la Science-fiction au cinéma (2). En 1982, Litan fut la contribution de Jean-Pierre Mocky au cinéma fantastique français, tout comme Luc Besson se décida, un an après, à faire de l’Anticipation à la française avec son Dernier Combat. Pour ma part, je vous conseille plutôt La Jetée de Chris Marker (1962). Dans La Maison du diable (The Hauting, 1963) Robert Wise réussit à instaurer, grâce à une réalisation basée sur la suggestion, un climat oppressant pendant tout le film. Avec Le Masque du démon en 1960, l’italien Mario Bava donne une belle évocation du vampirisme au cinéma. L’Exorciste de William Friedkin en 1973 fait grimper le cinéma d’Épouvante sur les premières marches de l‘industrie cinématographique pour ne plus les quitter. Nosferatu, le Vampire en 1922 est l’adaptation cinématographique du Dracula de l’écrivain Bram Stocker par le réalisateur expressionniste allemand F.W Murnau. Il reste l’un des films les plus terrifiants que j’ai pu voir adolescente, sans doute grâce (à cause ?) de l’acteur, certes, mais aussi l’utilisation de décors naturels, à la différence des autres films de l’école expressionniste. La version de Werner Herzog en 1979 est un bel hommage à Murnau. Peau D’Âne est un film fantastique français de Jacques Demy réalisé en 1970. Libre adaptation « en-chantée » du conte de Charles Perrault, il illumine toujours autant les soirées télévisées de fin d’année, tandis que Terry Gilliam entonne avec Brazil en 1985 un chant du monde cloisonné dans un cauchemar Kafkaïen ! 


Tant de films fantastiques marquant qui n’ont pas encore été évoqués. Je vous laisse donc compléter cette petite liste non exhaustive avec vos propres références. En attendant votre propre liste, je vous invite à continuer ce petit inventaire cinématographique en présentant les catégories qui composent tout le cinéma fantastique. 

La Fantasy (Le Merveilleux) 


Petite définition : dans un monde imaginaire, des personnages se trouvent en présence de phénomènes non naturels mais acceptés. Bien sûr quand on évoque la Fantasy (l’Héroïc-Fantasy) au cinéma, on pense aussitôt à la saga du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, mais le cinéma du Merveilleux a rencontré ses adeptes bien avant 2001. N’oublions pas le rugueux Conan le Barbare de John Milius en 1981, puis L’Epée Sauvage d’Albert Pyun en 1982, mais aussi le superbe Dark Crystal de Jim Henson toujours en 1982 (très bon cru cette année 1982 !). Pour cette ébauche de liste des films de Fantasy, il faut bien sûr citer le musical Magicien d’Oz de Victor Fleming tournée en 1939. Ridley Scott, lui-aussi, et bien avant de se jeter dans la fosse aux lions, s’est essayé avec succès à mettre en image une sublime légende (3). 

L’ Étrange (l’Insolite) 

Petite définition : l’environnement réel se trouve confronté à des phénomènes différents et inattendus mais possibles. J’ai déjà évoqué plus haut Eraserhead. Il faudrait citer tous les films du grand artiste David Lynch, car toute son œuvre est si étrange et dérangeante. Je vous invite donc à consulter son site au plus vite. Freaks (1932) de Tod Browning est une œuvre unique, elle-aussi étrange et dérangeante et La Nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton est à la fois un conte fantastique et un film noir. Une œuvre unique là-aussi, mais qui n’a malheureusement pas rencontré son public. Le Locataire de Roman Polanski, mais aussi tout le cinéma de Luis Buñuel (Un chien andalou, l’Age d’or), celui du baroque federico Fellini (Boccace 70) et d’Alejandro Jodorowski (La Montagne Sacrée, Santa Sangre) représentent bien le cinéma de l’Étrange ou Surréaliste, l’œuvre de Roland Topor ayant largement influencé certains de ces réalisateurs. 

La Science-Fiction (l’Anticipation) 


Petite définition : le monde réel (ou le futur du monde réel) subit l’intervention d’un phénomène intelligent ou se modifie à cause de la transgression par l’homme (expériences scientifiques). 
Bien sûr, il existe des sous-genres dans chacune des catégories évoquées. La Science-Fiction comprend, en plus de l’Anticipation (La Possibilité d’une île, Alphaville : un film à la croisée de l’anticipation et du polar), le Space-Opéra (et ses légendaires Star Wars), le Cyberpunk : Vidéodrome, Tetsuo, Matrix, Stange Days, Minority Report, le Post-Apocalyptique comme Soleil Vert, les Mad Max ou plus récemment 28 jours plus tard, mais aussi le Pré-Apocalyptique (Les Fils de l’homme). Le Voyage dans le temps est aussi un sous-genre de la Science-Fiction au cinéma. Le film plus représentatif du genre étant l’adaptation du roman de H.G Wells The Time Machine en 1960 de George Pal. Mais n’oublions pas bien sûr Donnie Darko

L’horreur (l’Épouvante, le Gore) 


Petite définition : dans le monde réel ou imaginaire des phénomènes non rationnels inspirent la peur, voir la terreur. Massacre à la tronçonneuse n’est pas un film d’horreur ! J’attends là vos réactions… Mais continuons. Il y a énormément de films d’horreurs. Les plus représentatifs sont peut-être Psycho d’Alfred Hitchcock en 1960. Les films de Wes Craven ont marqué le cinéma d’horreur dans les années 80 (les Griffes de la Nuit), la série des Saw a, elle, marqué le cinéma d’horreur des années 2000. Mais, déjà dans les années 50/60 les films de la Hammer fournissaient aux amateurs d’hémoglobine leurs premiers frissons cinématographiques, puis peu à peu le Gore a commencé à éclabousser les écrans de cinéma avec Blood Feast et 2000 Maniacs de H.G Lewis, ensuite Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato en 1980 a choqué au point d’être longtemps censuré. La Horde de Yannick Dahan est la contribution française au cinéma d’horreur ces dernières années, mais déjà dans le film d’Abel Gance J’Accuse de 1930, on peut voir les premiers zombies du cinéma ! Le film d’horreur le plus efficace et le plus réussi reste sans doute The Thing de John Carpenter en 1982. 

Le but de ce petit inventaire n’étant pas de coller des étiquettes à chacun des films évoqués. Le Fantastique, nous l’avons compris, est un genre bien plus vaste qu’il n’y parait. Peu de films peuvent être rangés dans une catégorie à part entière. Un film fantastique peut se révéler à la fois de l’Étrange et de l’Horreur (Freaks, Au-delà du réel, Peeping Tom, Shining), mais il y aura toujours un élément récurent qui le distinguera d’un film fantastique parmi tous les autres. Ainsi on aura toujours la possibilité de qualifier une œuvre dans son intégralité. 

(1) Avec l’aimable participation de l’agent comptable du dr frankNfurter. 
(2) A voir dans la version définitive diffusée sur Arte en février 2010 (et surtout pas dans celle de Giorgio Moroder, même si grâce à lui, des plans inédits du film ont été retrouvés). 
(3) J’évoque bien sûr le film Legend.

Article initialement écrit pour le site Mondes Etranges.fr en 2011

Quand Ralph, Sarah et Ben se rencontrent à New-York...

Le Monde, la Chair et le Diable (The World, the Flesh and the Devil) date de 1959 et reste l’un des premiers films post-apocalyptiques américains. Son réalisateur Ranald MacDougall est peu connu, certes, mais son film, inspiré du roman de science-fiction The Purple Cloud de M.P. Shiel est remarquable, tant par ses prises de vue inédites, sa beauté visuelle que par ses idées humanistes toujours d’actualité.

Ralph Burton, un afro-américain (joué par Harry Belafonte qui est aussi le producteur principal du film), se retrouve piégé dans l’un des souterrains de la mine qu’il inspectait. Coincé pendant des jours, il ne réalise pas que le Monde vient d’être détruit par une explosion nucléaire. S’extrayant difficilement des entrailles de la terre, il découvre une ville vidée de ses habitants, où seuls les amoncellements de voitures forment les vestiges d’une société disparue. 
Mais Ralph, ne veut pas se résoudre à admettre être le dernier homme sur Terre. Il décide de partir à la recherche d’éventuels rescapés. Dans un New-York abandonné de tous ses habitants, Ralph rencontre enfin un autre être vivant : c’est une jeune femme blanche, Sarah. 
La vie des deux gens s’organise calmement dans un New-York silencieux. Installés confortablement dans de luxueux appartements et profitant de l’abondance de la nourriture laissée dans les magasins, ils ressentent peu à peu une attirance l’un pour l’autre. Mais cet amour naissant, dans un New-York devenu presque idyllique, devient malgré tout frustrant pour les deux survivants à cause des codes sociaux qui les avaient tant « façonnés » dans leur ancien monde.
Ces valeurs d’un autre temps semblent, surtout pour Ralph, encore bien ancrées dans leurs comportements : la scène où Ralph refuse de s’asseoir à la table d’anniversaire de Sarah, préférant « jouer » son serviteur est si représentative de cette crainte de l’époque (les années 50-60) de briser les barrières sociales et surtout raciales. 
Bientôt Ben Thacker, un homme blanc, débarque pour devenir le troisième et dernier survivant de New-York. 
Ralph préfère laisser se former le « nouveau couple », refusant l’amour que Sarah était pourtant prête à lui donner. Mais, l’indécision de Sarah pour les deux hommes, provoque la jalousie, puis la haine de Ben. Il décide alors de provoquer Ralph dans un duel mortel et le traque dans les grandes avenues abandonnées d’un New-York post-apocalyptique… 
En pleine guerre froide, dans le début des années 60, Hollywood veut produire plus de films catastrophe (Le Dernier rivage ou plus tard Le Survivant), mais aussi d’anticipation (Les soucoupes volantes attaquent, La Guerre des mondes) pour évoquer les événements politiques de l’époque. Dans Le Monde, la Chair et le Diable, le fait d’évoquer les dangers du nucléaire en pleine guerre froide permet surtout à Ranald MacDougall, mais surtout à Harry Belafonte très impliqué dans la lutte contre les inégalités, de dénoncer la discrimination raciale. Une seule scène au début du film expliquera la cause d’une Terre dévastée : Ralph découvre des enregistrements radiophoniques lui apprenant une attaque nucléaire totale utilisant une arme radioactive dont les effets deviennent inoffensifs après plusieurs jours (sic!). L’explication faite, le film peut alors aborder une thématique plus sociologique, voire philosophique. C’est par une mise en scène dépouillée d’effets spéciaux, voire aussi dans la lenteur des déplacements des personnages, que les thèmes principaux sont mis en valeur tout le long du film, permettant ainsi de faire du Monde, la Chair et le Diable un film toujours aussi efficace aujourd’hui, bien axé sur le comportement des survivants comme dans Malevil ou 28 jours plus tard voire même le très raté The Road (inspiré du très réussi La Route du romancier Cormac McCarthy), que sur la catastrophe proprement dite comme dans 2012 ou Armageddon… pour citer quelques mauvais élèves. 
Dans un silence cauchemardesque et jonché de papiers emportés par un vent permanent, le New-York des années 50-60 est montré dans des plans inédits à la photographie sublime, et fait alors de ce monde de chair et de diable, une œuvre à la beauté visuelle plutôt rare dans les premiers films catastrophe, prouvant que ce cinéma de genre peut aussi révéler des films d’auteur. 
Après avoir lutté pour survivre dans cette mégalopole post-apocalyptique, Ralph et Sarah sont confortablement installés depuis que le jeune homme a réparé les installations électriques. La ville reprend alors son rôle de décor à une intrigue plus humaine : les rapports sociaux (le racisme) et les travers qui en résultent. Ainsi le couple « maudit » constitué par Ralph et Sarah rappellent le couple biblique (la Chair) bafouant les lois de la société (le Monde), provoquant leur déchéance (le Diable). Une scène fait aussi référence à la religion chrétienne, comme le titre du film, scène d’ailleurs cruciale et décisive pour l’histoire : Ralph, traqué par Ben (comme les esclaves en fuite étaient traqués par leur maître) s’arrête devant l’inscription d’un monument. C’est une citation de la bible : « Il sera l’arbitre des peuples et le juge de nombreuses nations (…). Une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. » Cette déchéance n’est donc pas une fin, mais plutôt un renouveau évoqué dans la touchante scène finale et son trio amoureux, tandis que le film se termine avec la mention « The Beginning » (Le Commencement) et non pas par le sempiternel : The End.
A noter la très belle bande originale composée par Miklos Rozsa. A noter aussi les prises de vues d’un New-York vidé de toute forme de vie qui ont dû se faire à l’aube, la circulation ayant été bloquée dans certaines avenues (méthode utilisée dans une scène de L’Associé du diable). 


Titre original : The World, The Flesh and the Devil
Réalisateur : Ranald MacDougall
Scénario : Ranald MacDougall d'après le roman The Purple Cloud de M.P. Shiel
Producteur : George Englund et Harry Belafonte
Musique : Miklós Rózsa
Image : Harold J. Marzorati
Genre : science-fiction
Durée : 95 minutes
Date de sortie : 20 mai 1959

Tiembla ante la Santa Inquisición, el libertino joven cinéfilo que eres !

La Révolte des morts-vivants ou La Noche del terror ciego, puis renommé plus tard La Noche (1), est le premier opus d’une série de films d’horreur débutée en 1971, opus appelé aussi La saga des Templiers, comprenant quatre épisodes écrits et réalisés par le réalisateur espagnol Amando de Ossorio.
Ces templiers morts-vivants font partis des rares mythes du cinéma fantastique ibérique, avec L'Horrible Docteur Orlof de Jesús Franco en 1962 et le loup-garou de Paul Naschy (Les Vampires du Dr Dracula, 1968) qui perdurent dans la mémoire du cinéphage. Le cinéma espagnol, plus connu dès les années 30 pour sa tradition surréaliste avec les œuvres de Luis Bunuel, voit apparaître, durant le régime franquiste déclinant du début des années 70, un nouveau genre incitant les spectateurs de l’époque, embourbés dans une société aseptisée, à se tourner vers un autre cinéma : le Fantaterror : un cinéma fantastique fauché, où monstres, érotisme et gore soft faisaient un cocktail bienvenue, exorcisant la soumission d’un peuple face à un Général Franco vieillissant. Au début des années 70, El Caudillo n’était-il pas, après tout, la parfaite incarnation du vampire décrépi ? 
Ce sous-genre cinématographique, atypique sous une ère de dictature, perdura toute une décennie. 

Des chevaliers de l’ordre du Temple, devenus cavaliers morts-vivants après avoir eu les yeux brûlés (Merci la Sainte Inquisition !), ont jeté leur malédiction sur un village du Portugal. Depuis, chaque nuit, les Templiers sortent de leurs tombes près des ruines de leur château pour hanter les vivants sous l’apparence de squelettes putréfiés, chevauchant inlassablement les plaines sur leurs montures fantômes. Une nuit, ils sont réveillés par Virginia, une jolie jeune femme, perdue dans la plaine et légèrement vêtue (sic). Roger son fiancé et une de leur amie recherchent la jeune femme, mais le fiancé se fait bien vite massacrer par les Templiers, tandis que Virginia, devenue vampire, meurt brûlée. Leur amie Betty, seule rescapée des ruines maudites, réussit à monter dans le train qui traverse la plaine déserte, mais les Templiers zombies se sont agrippés au dernier wagon... 


Durant la dictature franquiste, la censure (forcément inévitable, écrirait une certaine Marguerite D.) tolérait les films fantastiques de facture classique ; ainsi dans les années 60, Jésus Franco, réalisateur phare du genre gothique espagnol, réalisait des films fantastiques tel que son Dr Orloff, puis au fil des années, il se mit à tourner des films bien plus sulfureux comme Justine en 1969 ou Les cauchemars naissent la nuit en 1970, installant judicieusement, malgré le lourd contrôle de la production cinématographique, la prédominance de « l’horreur sadomasochiste » sur le « fantastique », ce qui donna l’idée originale et atypique à Amando De Ossorio en 1971 d’un tout nouveau style de créatures horribles : des templiers zombies. Afin de ne pas subir des coupes en tout genre (à cause de scénarios subversifs ou de scènes trop osées), voire un refus d’exploitation en salle, beaucoup de films de genre se cachaient derrière l’étiquette coproduction internationale. Les noms des personnages et des acteurs étaient toujours anglo-saxons, donnant un cachet hollywoodien aux films locaux. Ainsi, Amando de Ossorio, pour déjouer la censure, fit tourner ses Templiers dans une coproduction portugaise, et pouvant donc critiquer à son aise le régime franquiste. 
Le budget très limité donne au film de De Ossorio un aspect kitsch (les subventions de l’état allant de toute façon en priorité au cinéma de patrimoine). Son succès en salles lui permis de créer une saga, chacun des films devenant une sorte de remake perpétuel du premier. Avec cette saga horrifique, l’âge d’or du Fantaterror battra son plein pendant toutes les années 70, telle une métaphore cinglante (sanglante ?) d’une Espagne à la dérive, étouffée par un conservatisme extrême : les templiers sanguinaires et puritains évoquant le Général Franco et ses amis ecclésiastiques. 
Ce cauchemar gothique (car il y a bien un aspect gothique avec ces Templiers, mais nous y reviendrons plus tard), et gore à la fois, renvoie le spectateur de l’époque à ses craintes ancestrales. De Ossorio rappelle ainsi une époque sombre de l’Espagne en évoquant la légende des Templiers du Moyen-Age : l’ordre religieux et militaire qui protégea les pèlerins en route pour Jérusalem durant la Guerre sainte jusqu’à ce que l’Inquisition Espagnole détruise L’ordre, accusée d’hérétique. Les Templiers d’Amando De Ossorio deviennent ainsi des morts-vivants vengeurs, sanguinaires et très puritains : incarnation audacieuse de la censure imposée par le régime national-catholique de Franco en guerre contre la débauche de toute sorte ! 
Audacieux, mais surtout original ce templier mort-vivant. Le réalisateur espagnol a su créer un nouveau mythe du cinéma fantastique : le zombie ibérique momifié s’inspirant du zombie américain de George Romero (La Nuit des morts-vivants, 1968) qui, lui, est représenté dans une putréfaction toujours humide (le zombie pas le réalisateur !). Originale aussi grâce à l’une des grandes trouvailles du film : des chevaliers morts-vivants chevauchant des puissants destriers fantômes galopant au ralenti et sortant toujours de nulle part.


C’est un cauchemar au ralenti auquel assistent les spectateurs grâce à ce procédé visuel réussi et bien singulier. Par divers aspects techniques et une mise en scène maîtrisée malgré le budget ridicule, le film rappelle, dans certains plans, l’esthétique du giallo chers à Mario Bava, Dario Argento (L’Oiseau au plumage de cristal, 1970), et un an plus tard, Lucio Fulci (La Longue Nuit de l’exorcisme). Le recours de l’inspecteur menant son enquête ou du savant théorisant dans la bibliothèque, sans compter les inévitables scènes gores, rappellent le giallo qui aura son heure de gloire avec les réalisateurs italiens des années 70. 
Le traitement de la couleur, avec la scène où Virginia, devenue vampire, meurt dans les flammes (2) ou le plan de la grenouille qui saute dans une mare de sang, entraînent aussi le film vers une ambiance onirique. 
L’une des scènes importantes de cette révolte est celle du prologue (3), où par sa violence sadomasochiste elle évoque la période faste à venir des premiers films gore. Amando De Ossorio (avec Jess Franco) anticipe ainsi, dans une Espagne pourtant prude, la vague de voyeurisme de la décennie à venir. La crudité d’un prologue dès plus sanglant reste un beau camouflet à une censure et une morale chrétienne excessive. Le réalisateur distille dan son film des scènes tantôt sadiques, tantôt érotiques, prenant plaisir à bafouer l’église toute puissante de l’époque, telle la scène de saphisme éthéré entre Betty et Virginia, où les deux jeunes femmes se souviennent de leurs caresses dans le couvent de leur adolescence, sans oublier la terrible scène du viol de Betty par un contrebandier dans les ruines du château. Amando De Ossorio va même jusqu’à évoquer le tabou ultime, celui du massacre sanglant d’un enfant, dans la scène du train pris d’assaut par les Templiers. Le chef de gare (De Ossorio lui-même) et la population découvriront alors, dans un plan suggestif, l’enfant, ainsi que tous les corps des autres passagers à moitié dévorés. 

Même si le film fait parti de la longue liste des films Z, en raison de contraintes matérielles, d’une interprétation approximative et d’un scénario simpliste rendant des scènes bien répétitives, le talent d’Amando De Ossorio permit une certaine originalité, créant une œuvre importante du cinéma bis qui marquera le public de l’époque dans sa représentation singulière de l’horreur sadique avec des effets spéciaux et une ambiance onirique plutôt réussis. 

Mais il est bien loin le temps où les sous-genres faisaient les beaux jours des cinémas de quartier. Le genre disparu des salles au début des années 80 pour faire place à la Movida dans une Espagne libérée du Franquisme, illustrant l’envie de la population de vivre, sous toutes les formes artistiques et culturelles, la joie et la liberté. 
Il faudra attendre Alejandro Amenabar au début des années 2000, pour un renouveau du cinéma fantastique espagnol. 


( 1) De nombreux titres ont illustré diverses jaquettes à l’époque de la VHS du film (à se coincer les doigts dans sa croix de Saint-Benoit !), comme par exemple : Night of the Blind Terror ou Tombs of the blind dead. 

(2) Rebecca meurt dans les flammes comme une sorcière, et comme les Templiers combattus par l’Inquisition. 

(3) Une jeune femme dénudée sur une croix est sacrifiée par des Templiers hérétiques du Moyen-Âge, dans un voyeurisme complaisant... et bien érotique. 

(4) A noter qu’en 1985, Jess Franco réalisa La mansión de los muertos vivientes, le dernier volet des Templiers maudits, beau clin d’oeil (qui s’avèrera néanmoins être une version fade par un Jess Franco sans doute très fatigué) du maître du cinéma déviant à son acolyte espagnol.

La saga des Templiers

La Noche del terror ciego (La Révolte des morts-vivants, 1971) 
El Ataque de los muertos sin ojos (Le Retour des morts-vivants, 1973) 
El Buque maldito (Le Monde des morts-vivants, 1974) 
La Noche de las gaviotas (La Chevauchée des morts-vivants, 1975) 
Et sans oublier, La mansion de los muertos vivientes de Jess Franco en 1985