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La nuit...


Les arbres parlent la nuit

Tous les hiboux les écoutent

Ils renversent sur leurs plumes

L'encre sombre des poètes,

Et dessinent de leurs ailes

Aux couleurs charbonneuses, 

Des rêves noirs dans le ciel.

Onis soit qui mal y pense

9 pages d'extraits en version papier 


Le roman de science-fiction Onis, les Lumières d'Abak est toujours en vente pour la modique somme de 10€99, il contient 405 pages de mondes sombres et féeriques, et se commande en ligne à la Fnac, chez AmazonCultura, entre autre...

Ailleurs

La tête dans les étoiles...


ou allongée dans l'herbe.


 Tous les endroits sont parfaits pour se plonger dans Onis, les Lumières d'Abak !

Disponible à la vente

S'il reste un dernier cadeau à s'offrir pour les fêtes de fin d'année, c'est bien le premier roman de l'auteur Alexandre Martin : Onis, les lumières d'Abak. Ce roman de science-fiction est (enfin) accessible sur toutes les plateformes de vente en ligne, comme celui de la Fnac par exemple : 


On peut le commander avec son petit prix de lancement (en plus il y a cette semaine un conte de Noël qui vous est offert avec votre commande sur le site de la Fnac) sur les sites de bod./librairie, amazon.fr, decitre.fr, chapitre.com, placedeslibraires.fr, cultura.com, leslibraires.fr, ainsi que sur le catalogue des librairies physiques Dilicom. 

Titre: Onis, Les lumières d'Abak 
Auteur: Martin, Alexandre 
ISBN: 9782322258765 
ISBN ebook : 9782322216468 
 
N'hésitez-pas à laisser votre avis sur les sites... après lecture cqfd !

Il était une légende...

En 1977, Ridley Scott réalise son premier long métrage : The Duellists (Durant 15 ans, deux hussards se poursuivent et s’affrontent en duel à cause d’une simple brouille). Très impressionné par la magnificence des paysages français où il tourne la plupart des scènes de ce film, le réalisateur britannique plus habitué au tournage de films complexes (Blade Runner, Alien) destiné à un public restreint, commence à envisager l’idée d’un film mettant en scène un univers totalement imaginaire, racontant une mythologie plus accessible au « grand public ». Il fait appel au romancier William Hjortsberg afin que celui-ci ébauche un scénario inspiré d’un sujet universel, lié aux souvenirs d’enfance : le conte de fée. 

Dans une forêt enchantée aux arbres immenses et magnifiques, divers personnages et animaux vivent en harmonie avec des créatures fabuleuses (lutins, elfes et autres farfadets). Tous les habitants de la forêt vivent heureux grâce à la protection d’un couple de licornes sacrées. Mais le danger menace : Darkness, le seigneur des Ténèbres (incarné par Tim Curry himself !) attend, caché dans les entrailles de la terre, son heure… Lily, une toute jeune et belle princesse, va provoquer, à cause de son insouciance, la mort d’une des licornes et réveiller les forces du mal. Le fragile équilibre du monde de la lumière bascule alors. La forêt et ses habitants se figent dans une glaciation soudaine. La princesse Lily (Mia Sara, Timecop) aidée de son ami Jack (Tom Cruise alors acteur débutant) et de Gump (l’incroyable David Bennent mais sans son Tambour), lui-même secondé d’une fée clochette au fichu caractère, décident d’affronter Darkness dans son propre royaume voué au mal. 


Legend, comme Dark Crystal ou Le Seigneur des Anneaux, raconte la quête éternelle du héros au cœur pur et au courage sans faille affrontant les forces du mal pour rétablir l’ordre du monde. Ce scénario n’a bien sûr rien de révolutionnaire. Par contre, la réalisation maîtrisée et minutieuse, ainsi que la conception visuelle de la forêt enchantée et du royaume des ténèbres font de Legend une première dans l’histoire du cinéma et un film unique où le conte de fée de notre enfance prend forme devant nos yeux. 

Tous les décors ont été entièrement reconstitués dans les studios anglais de Pinewood. Ainsi, la forêt et tous ses immenses arbres ont occupé pas moins de six plateaux dont le fameux « oo7 stage » (créé uniquement pour les films James Bond). Point d’effets numériques pour les effets spéciaux de Legend ! Les rayons de lumière que filtrent les feuilles des arbres majestueux semblent émaner de véritables rayons du soleil. Pourtant ce sont d’immenses projecteurs qui font office de source solaire ! Mais c’est pourtant bien la vie qui émane de cette forêt (personnage principal du film). Le souffle d’un vent léger fait s’agiter les feuillages d’un vert tendre, le frémissement d’une mousse épaisse et fraîche invite les habitants à se reposer au pied d’un tronc millénaire, le bourdonnement des insectes se mêlant au pollen virevoltant dans l’air frais, accompagne les chants d’oiseaux multicolores. Grâce à un tel contrôle de l’environnement végétal (impossible dans des décors naturels), l’univers propre aux contes de fée prend vie, renforcé par la présence d’animaux réels : loups, biches, lièvres, grenouilles, vers luisants, oiseaux… (et licornes, cqfd). C’est ce qui fait la différence avec les films de Jim Henson (Labyrinth, Dark Crystal) où toutes les créatures sont issues de l’imaginaire Fantasy, voir même burlesque pour Labyrinth. D’ailleurs Ridley Scott dira à l’époque, qu’ « au départ, le film se voulait une célébration de la nature. » 

La représentation du royaume de Darkness est d’autant plus sombre que la forêt est merveilleuse. Les colonnes immenses aux sculptures démoniaques soutenant les voûtes du château maléfique terré dans les entrailles de la forêt rendent l’impression d’un monde aussi immense que celui de la Lumière. La cuisine dont l’âtre de la cheminée ressemble plus à une gueule béante crachant des flammes (de l’enfer !) grouille d’ogres cuisiniers affairés aux repas du Malin, sous le regard terrifié des prisonniers destinés à finir dans les plats. Toute cette richesse picturale permet à Ridley Scott de mettre en scène à l’échelle réelle un monde aussi féerique que démoniaque. 


De nombreux personnages au caractère bien défini et autres créatures peuplent ce monde de légendes : Darkness est le personnage le plus représentatif de la créativité et de l’originalité de ce film. L’acteur Tim Curry (The Rocky Horror Picture Show) met la subtilité de son jeu ainsi que sa voix puissante au service du rôle et, malgré l’impressionnant maquillage qui le recouvre entièrement, Tim Curry donne au seigneur du mal une dimension terrifiante et majestueuse, inspirée principalement par le diable de Fantasia. Sublime ! Toutes les créatures qui font du conte de fée la plus merveilleuse des histoires à raconter (et à voir grâce à Ridley Scott) n’ont pas été oubliées : les méchants ogres et autres inquiétants Gobelins, les lutins, les elfes et farfadets, la curieuse créature Gump, judicieusement incarné par David Bennent, au corps juvénile, dont le regard et le sourire semblent pourtant si mystérieux et inquiétant, les gracieuses licornes (deux magnifiques chevaux d’un blanc immaculé) et bien sûr la princesse et son fidèle et courageux ami prennent vie dans cet univers aux décors naturels et pourtant magiques si minutieusement reconstitués. A noter la puissante et envoûtante musique de Jerry Goldsmith (dans la version européenne du film), ainsi que les maquillages spécialement conçus pour ce film par Rob Bottin (Robocop, Fight Club). Même si l’histoire et les personnages restent très manichéens,

Legend est un film qui a traversé le temps sans prendre aucune ride, restituant parfaitement l’univers merveilleux et inquiétant des contes de fée.


Réalisation : Ridley Scott
Scénario : William Hjortsberg
Décors : Leslie Dilley et Assheton Gorton
Costumes : Charles Knode
Photographie : Alex Thomson
Musique : Jerry Goldsmith (version européenne), Tangerine Dream (version américaine)
Pays d'origine : Royaume-Uni, États-Unis
Genre : fantasy
Durée : 125 minutes et 94 minutes (version internationale), 114 minutes (director's cut)
Sortie le 13 décembre 1985

Le Fantastique au cinéma. Qu’est-ce que c’est ?

A lui tout seul, le genre fantastique représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de la production cinématographique actuelle, alors qu’en 1970 le cinéma fantastique ne représentait que 5% du chiffre d’affaire de l’industrie cinématographique américaine (1).

Petite définition : l’environnement naturel et social où nous nous situons vous et moi (enfin j’espère pour vous) se trouve confronté à des phénomènes non rationnels. Des créatures du folklore ou des objets interviennent dans le quotidien de personnages eux bien ancrés dans la réalité : fantômes, loup-garou, mutants, maisons hantées, miracles, extraterrestres, sorcières et autres incubes. Ces phénomènes non naturels sont soit acceptés ou soit combattus par les personnages. 

Sans remonter aux prémices du cinéma, le genre Fantastique a été très vite un sujet de prédilection pour beaucoup de réalisateurs. L’audacieux Cabinet du docteur Caligari en 1920 de Robert Wiene frappe encore de nos jours par l’étrangeté de la mise en scène et des décors. Norman Mc Leod réalisa déjà en 1933 une version filmée du roman d’ Alice in Wonderland, qui était en fait une adaptation du roman victorien : De l’autre côté du miroir. Au cœur de la nuit (1945) a été réalisé par trois réalisateurs britanniques et le réalisateur brésilien surréaliste Alberto Cavalcanti. Il reste l’un des films britanniques les plus connus. L’un des premiers films à évoquer les phénomènes d’apparitions de fantômes fut L’Aventure de madame Muir en 1947 de Joseph Mankiewicz, puis la trilogie Ring du japonais Hideo Nakata inspirée des Yurei Eiga insuffle aux films "grand spectacle américain" des années 80 (Ghostbusters, Candyman, etc…) un retour inespéré au... discernement. Le film Les Aventures fantastiques du baron de Münchhausen de Josef von Baky en 1943 est une formidable adaptation des récits imaginaires d’un vrai baron allemand. Tourné en Agfacolor et en deux ans, ce fut une prouesse pour l’époque aussi technique qu’historique. En 1946 La Belle et la Bête de Jean Cocteau reste encore de nos jours un magnifique conte de fée filmé qui a inspiré beaucoup de grands réalisateurs dont Ingmar Bergman. La Bête aux cinq doigts, toujours en 1946, de Robert Florey fut l’un des premiers films d’horreur de l’histoire du cinéma, teinté toutefois de moments humoristiques, car la Warner Bros à l’époque ne croyait pas encore à l’impact populaire d’un film entièrement axé sur le Fantastique. Le Labyrinthe de Pan du mexicain Guillermo Del Toro en 2006 évoque le conte de fée destinée aux adultes, tandis que le métaphorique Cube en 1997 du très inégal réalisateur Vincenzo Natali, fait entrer le cinéma d’horreur indépendant dans les milieux branchés. Frankenstein en 1931 a sans doute influencé à lui tout seul presque tout le cinéma fantastique et reste bouleversant encore de nos jours. L’Echelle de Jacob du réalisateur Adrian Lyne en 1990, annonce une nouvelle approche des phénomènes inexpliqués : le Twist final (le film nécessite une seconde lecture pour comprendre la trame réelle). Le Sixième Sens, Mulholland Drive, Les Autres ont recours à ce procédé assez récent au cinéma. La Charrette fantôme en 1939 du réalisateur français Julien Duvivier transporte les spectateurs dans une tourmente reflétant le contexte politique de l’époque, dans un réalisme sombre se mélangeant au surnaturel. Le très industriel et surréaliste Eraserhead de David Lynch en 1976 restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont vu. En 1957, le français Jacques Tourneur réalise pour la Columbia Rendez-vous avec la peur. Profondément mystique, Jacques Tourneur, persuadé qu’il existe des mondes parallèles, obtiendra l’autorisation de tourner sur le site de Stonehenge, accentuant l’ambiance réaliste de son film fantastique. Roger Vadim, Louis Malle et Federico Fellini réalisent Histoires Extraordinaires en 1968, regroupant ainsi trois nouvelles de différents recueils du poète et romancier Edgar Allan Poe, lui-même à l’origine du genre Fantastique. L’Alliance (1971) du réalisateur français Christian De Chalonge est un film fantastique plutôt méconnu qui pourtant mérite d’être évoqué.


Tant de films restent à évoquer dans ce petit inventaire comme la fresque fantastique en quatre parties du réalisateur japonais Masaki Kobayashi, Kwaïdan, inspiré de quatre contes fantastiques de l’écrivain Lafcadio Hearn. Dans la peau de John Malkovich est un film insolite de 1999 du réalisateur déjanté Spike Jonze, quant au film visionnaire de fritz Lang Metropolis (1921) celui-ci reste la référence avec Blade Runner de Ridley Scott dans la représentation de la Science-fiction au cinéma (2). En 1982, Litan fut la contribution de Jean-Pierre Mocky au cinéma fantastique français, tout comme Luc Besson se décida, un an après, à faire de l’Anticipation à la française avec son Dernier Combat. Pour ma part, je vous conseille plutôt La Jetée de Chris Marker (1962). Dans La Maison du diable (The Hauting, 1963) Robert Wise réussit à instaurer, grâce à une réalisation basée sur la suggestion, un climat oppressant pendant tout le film. Avec Le Masque du démon en 1960, l’italien Mario Bava donne une belle évocation du vampirisme au cinéma. L’Exorciste de William Friedkin en 1973 fait grimper le cinéma d’Épouvante sur les premières marches de l‘industrie cinématographique pour ne plus les quitter. Nosferatu, le Vampire en 1922 est l’adaptation cinématographique du Dracula de l’écrivain Bram Stocker par le réalisateur expressionniste allemand F.W Murnau. Il reste l’un des films les plus terrifiants que j’ai pu voir adolescente, sans doute grâce (à cause ?) de l’acteur, certes, mais aussi l’utilisation de décors naturels, à la différence des autres films de l’école expressionniste. La version de Werner Herzog en 1979 est un bel hommage à Murnau. Peau D’Âne est un film fantastique français de Jacques Demy réalisé en 1970. Libre adaptation « en-chantée » du conte de Charles Perrault, il illumine toujours autant les soirées télévisées de fin d’année, tandis que Terry Gilliam entonne avec Brazil en 1985 un chant du monde cloisonné dans un cauchemar Kafkaïen ! 


Tant de films fantastiques marquant qui n’ont pas encore été évoqués. Je vous laisse donc compléter cette petite liste non exhaustive avec vos propres références. En attendant votre propre liste, je vous invite à continuer ce petit inventaire cinématographique en présentant les catégories qui composent tout le cinéma fantastique. 

La Fantasy (Le Merveilleux) 


Petite définition : dans un monde imaginaire, des personnages se trouvent en présence de phénomènes non naturels mais acceptés. Bien sûr quand on évoque la Fantasy (l’Héroïc-Fantasy) au cinéma, on pense aussitôt à la saga du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, mais le cinéma du Merveilleux a rencontré ses adeptes bien avant 2001. N’oublions pas le rugueux Conan le Barbare de John Milius en 1981, puis L’Epée Sauvage d’Albert Pyun en 1982, mais aussi le superbe Dark Crystal de Jim Henson toujours en 1982 (très bon cru cette année 1982 !). Pour cette ébauche de liste des films de Fantasy, il faut bien sûr citer le musical Magicien d’Oz de Victor Fleming tournée en 1939. Ridley Scott, lui-aussi, et bien avant de se jeter dans la fosse aux lions, s’est essayé avec succès à mettre en image une sublime légende (3). 

L’ Étrange (l’Insolite) 

Petite définition : l’environnement réel se trouve confronté à des phénomènes différents et inattendus mais possibles. J’ai déjà évoqué plus haut Eraserhead. Il faudrait citer tous les films du grand artiste David Lynch, car toute son œuvre est si étrange et dérangeante. Je vous invite donc à consulter son site au plus vite. Freaks (1932) de Tod Browning est une œuvre unique, elle-aussi étrange et dérangeante et La Nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton est à la fois un conte fantastique et un film noir. Une œuvre unique là-aussi, mais qui n’a malheureusement pas rencontré son public. Le Locataire de Roman Polanski, mais aussi tout le cinéma de Luis Buñuel (Un chien andalou, l’Age d’or), celui du baroque federico Fellini (Boccace 70) et d’Alejandro Jodorowski (La Montagne Sacrée, Santa Sangre) représentent bien le cinéma de l’Étrange ou Surréaliste, l’œuvre de Roland Topor ayant largement influencé certains de ces réalisateurs. 

La Science-Fiction (l’Anticipation) 


Petite définition : le monde réel (ou le futur du monde réel) subit l’intervention d’un phénomène intelligent ou se modifie à cause de la transgression par l’homme (expériences scientifiques). 
Bien sûr, il existe des sous-genres dans chacune des catégories évoquées. La Science-Fiction comprend, en plus de l’Anticipation (La Possibilité d’une île, Alphaville : un film à la croisée de l’anticipation et du polar), le Space-Opéra (et ses légendaires Star Wars), le Cyberpunk : Vidéodrome, Tetsuo, Matrix, Stange Days, Minority Report, le Post-Apocalyptique comme Soleil Vert, les Mad Max ou plus récemment 28 jours plus tard, mais aussi le Pré-Apocalyptique (Les Fils de l’homme). Le Voyage dans le temps est aussi un sous-genre de la Science-Fiction au cinéma. Le film plus représentatif du genre étant l’adaptation du roman de H.G Wells The Time Machine en 1960 de George Pal. Mais n’oublions pas bien sûr Donnie Darko

L’horreur (l’Épouvante, le Gore) 


Petite définition : dans le monde réel ou imaginaire des phénomènes non rationnels inspirent la peur, voir la terreur. Massacre à la tronçonneuse n’est pas un film d’horreur ! J’attends là vos réactions… Mais continuons. Il y a énormément de films d’horreurs. Les plus représentatifs sont peut-être Psycho d’Alfred Hitchcock en 1960. Les films de Wes Craven ont marqué le cinéma d’horreur dans les années 80 (les Griffes de la Nuit), la série des Saw a, elle, marqué le cinéma d’horreur des années 2000. Mais, déjà dans les années 50/60 les films de la Hammer fournissaient aux amateurs d’hémoglobine leurs premiers frissons cinématographiques, puis peu à peu le Gore a commencé à éclabousser les écrans de cinéma avec Blood Feast et 2000 Maniacs de H.G Lewis, ensuite Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato en 1980 a choqué au point d’être longtemps censuré. La Horde de Yannick Dahan est la contribution française au cinéma d’horreur ces dernières années, mais déjà dans le film d’Abel Gance J’Accuse de 1930, on peut voir les premiers zombies du cinéma ! Le film d’horreur le plus efficace et le plus réussi reste sans doute The Thing de John Carpenter en 1982. 

Le but de ce petit inventaire n’étant pas de coller des étiquettes à chacun des films évoqués. Le Fantastique, nous l’avons compris, est un genre bien plus vaste qu’il n’y parait. Peu de films peuvent être rangés dans une catégorie à part entière. Un film fantastique peut se révéler à la fois de l’Étrange et de l’Horreur (Freaks, Au-delà du réel, Peeping Tom, Shining), mais il y aura toujours un élément récurent qui le distinguera d’un film fantastique parmi tous les autres. Ainsi on aura toujours la possibilité de qualifier une œuvre dans son intégralité. 

(1) Avec l’aimable participation de l’agent comptable du dr frankNfurter. 
(2) A voir dans la version définitive diffusée sur Arte en février 2010 (et surtout pas dans celle de Giorgio Moroder, même si grâce à lui, des plans inédits du film ont été retrouvés). 
(3) J’évoque bien sûr le film Legend.

Article initialement écrit pour le site Mondes Etranges.fr en 2011

L’Imaginaire du Docteur Gilliam

On a beaucoup parlé du dernier film de Terry Gilliam lors de sa sortie, car ce fut le film posthume de l’acteur Heath Ledger (Les Frères Grimm, The Dark Knight). 
L’univers burlesque et pessimiste aux images sombres et baroques, où la lumière jaillit de mille feux pour faire chavirer le film (et le spectateur) dans un rêve extraordinaire, aura permis de mettre en valeur et de confirmer le charisme du jeune comédien trop tôt disparu. Ainsi, il aura fallu la participation de Johnny Depp, Colin Farrell et de Jude Law pour « jouer » les scènes manquantes de Heath Ledger. C’est dire le charisme du jeune homme.

A notre époque, le docteur Parnassus parcourt une sombre mégalopole avec sa petite troupe de théâtre l’Imaginarium, invitant le public noctambule à traverser le Miroir magique pour pénétrer dans les mondes parallèles, les mondes de leurs rêves.
Il y a 1000 ans, le don du docteur Parnassus, ainsi que son immortalité, lui ont été transmis au cours d’un pari perdu avec le Diable lui-même (le sombre et bizarre Tom Waits dans le rôle de Lucifer… quoi de plus normal !) : la fille du docteur, Valentina (l’actrice Lily Cole dont le visage d’ange convient parfaitement au rôle) deviendra la fiancée du diable dès ses 16 ans.

Le docteur, aidé des membres de sa troupe, un nain grincheux (sic) et le jeune amoureux transi de la malheureuse promise, ainsi qu’un mystérieux amnésique (le lumineux Heath Ledger), vont tenter de rompre le pacte diabolique en traversant le Miroir magique pour arracher la jeune fille à son terrible destin.

Même si l’intrigue se perd souvent dans la complexité du pari ambigu entre le Bien et le Mal (le bon docteur et le terrible Lucifer), le spectateur reste constamment attiré par l’attraction du Miroir et des merveilles qui s’y cachent. Terry Gilliam n’a jamais aussi bien représenté la singularité de son monde depuis son fameux Brazil. Le recours à une mise en scène théâtrale dès les premières images est remarquable. Il nous donne la possibilité à nous, spectateur confiné dans son fauteuil et au pitoyable public de l’Imaginarium, de pénétrer facilement dans un monde féerique, celui de notre imagination. La richesse des détails et des décors (le théâtre ambulant nous renvoie dans l’Angleterre du 19ème siècle, époque propice à une ambiance gothique), l’utilisation des effets numériques pour représenter les mondes parallèles sont un tel contraste avec les décors « réels et tristes » de la cité déshumanisante ! On a une seule envie, c’est de traverser le Miroir. C’est bien là toute la réussite du film. La profusion des couleurs, des matières, l’intérieur du théâtre, les costumes lourds, éclatants et poussiéreux à la fois, l’action soutenue, la musique très présente, l’interprétation des acteurs tous magnifiques et habités (Andrew Garfield est un comédien à suivre et Christopher Plummer a toujours autant de Classe) permettent à l’imaginaire de prendre vie.  

L’Imaginarium du docteur Parnassus est un film déroutant et intelligent, où le rôle de l’Artiste dans la société est souvent rappelé, Terry Gilliam n’hésitant pas à faire quelques « clins d’œil » à sa relation avec l’échec dans la créativité. De même, il rappelle ses propres débuts dans un rêve loufoque évoquant sa période Monty Python. Jubilatoire ! Même son film Brazil est évoqué avec le premier costume que porte Anton, le Monsieur Loyal du spectacle : une armure de Samouraï.

Le choix d’un univers chamarré et poétique pour représenter les mondes parallèles, les personnages marginaux du théâtre représenté par une sorte de haute caravane étriquée et bringuebalante, défiant souvent les lois de la gravité, évoquent l’univers narratif et visuel de Tim Burton (Edward aux mains d’argent, Beetlejuice...) mais aussi l’univers des tableaux surréalistes de Salvador Dali et de la peinture sombre et mystique d’un Jérôme Bosch.

Pendant deux heures, le spectateur assiste à une représentation digne des plus beaux spectacles où l’imaginaire est le personnage principal. Le spectateur baigne dans une profusion de couleurs tantôt sombres tantôt lumineuses, dans un rythme intense. L’émotion est présente pendant tout le film et laisse, malgré un scénario complexe, le spectateur quitter la salle de cinéma avec le sentiment d’avoir lui aussi traversé le miroir magique.

Un film rare par un réalisateur encore plus rare dans le cinéma actuel bien aseptisé. Je laisserai le mot de la fin à Anton joué par Andrew Garfield : « Voilà ! » (en français dans le film).




Titre original : The Imaginarium of Doctor Parnassus
Réalisation : Terry Gilliam
Scénario : Terry Gilliam, Charles McKeown
Musique : Jeff Danna, Mychael Danna
Directeur de la photographie : Nicola Pecorini
Pays : France, Canada, Royaume-Uni
Durée : 2h03
Année : 2009

J’avançais je gagnais de l’espace et du temps...

Il existe au milieu du temps / La possibilité d'une île, dixit Michel Houellebecq, mais il existe aussi un roman que je recommande vivement aux amateurs de Science-Fiction, et La dame dans le radiateur vous donne quelques liens car elle est trop sympa :




Et surtout n'hésitez-pas à lui faire part ICI de vos commentaires.



Une nuit avec Ovidie...

Les fantômes de l’écrivain et cinéaste Michel Jean (Jean Rollin) entraînent la candide Isabelle (Ovidie)
dans un univers bien étrange.

Isabelle (l’actrice Ovidie) n’a vu qu’une seule fois son cousin, le réalisateur et écrivain Michel Jean (1), pourtant elle apprend qu’elle vient d’hériter de sa maison de campagne près de Limoges. Sa rencontre avec Michel Jean, alors qu’elle n’était qu’une enfant, lui avait laissé un souvenir marquant, c’est pourquoi la jeune femme décide d’aller se recueillir sur sa tombe au Père-Lachaise. 
Par le biais de rencontres de personnages mystérieux qu’elle croise durant son lent périple jusqu’à la demeure du réalisateur, Isabelle découvre peu à peu l’univers de son cousin. Ces rencontres insolites, et ses propres fantasmes, entraînent la candide jeune femme dans un monde étrange parsemé d’indices où règne une douce nostalgie, mais parfois aussi l’effroi. 

En traversant la grande horloge qui trône dans sa nouvelle demeure, Isabelle retrouvera-t’elle Michel Jean ? Après tout, peut-être n’est-il pas mort... Son univers est si présent.


La Nuit des horloges est bien sûr le film testament du réalisateur Jean Rollin, mais c’est surtout un beau cadeau aux fans et une émouvante introspection de Rollin sur une oeuvre débutée il y a quarante ans. C’est un vrai film d’auteur (avec beaucoup d’approximations et de clichés certes, mais qui s’adresse avant tout aux connaisseurs de la filmographie de Jean Rollin, rappelant l’ambiance du tournage amateur de son premier film, Le Viol du Vampire en 1968). Il est donc nécessaire, voire indispensable, de connaître la filmographie de Jean Rollin, car La Nuit des horloges est parsemée de scènes issues de ses films les plus aboutis tels que La Rose de Fer, Le Frisson des Vampires, Fascination, Les Raisins de la Mort...

La plupart de ses acteurs et actrices fétiches apparaissent dans le film, interprétant de nouveau les personnages qu’ils ont incarnés, pour donner leur point de vue sur l’oeuvre du réalisateur. La comédienne Françoise Blanchard (La Morte-Vivante), mais aussi Dominique (Vierges et Vampires), la nièce de Jean Rollin, Sandrine Thoquet, mais aussi Nathalie Perrey (La rose de fer,) ou Jean-Louis Philippe (Lèvres de Sang), sans oublier la voix de l’indomptable Jean-Pierre Bouyxou (Phantasmes, Les Raisins de la Mort) sont présents durant tout le film, emmenant le spectateur vers une véritable nostalgie, car La Nuit des horloges (nuit qui n’en finit pas, diront des spectateurs peu enclins à ce genre de lenteur éthérée) s’adresse aux amateurs de Cinéma Bis qui trouveront de l’intérêt à cet "auto-hommage", où les fantasmes et les thèmes chers au réalisateur n’ont pas changé, 40 ans après son premier film. 


Toujours rejeté par le cinéma français, Jean Rollin réalisa La Nuit des horloges, en 2007, film qui ne sortit même pas en salle, symbolisant un cinéma qui n’existait plus que dans la mémoire du réalisateur, construisant alors son propre Panthéon avec ce film unique : "Entre ici Jean Rollin, avec ta terrible filmographie... ", aurait pu déclamer Ovidie dans la première scène du film !
On peut critiquer la morosité, voire la platitude des scènes où se succèdent tantôt des extraits d’œuvres passées, tantôt de lentes introspections sur le temps qui passe, la mémoire des œuvres, le tout dans une profonde mélancolie, mais la présence d’Ovidie amène une touche de "modernité" innocente (2), contrastant avec des personnages tellement "ancrés" dans les souvenirs. De même, la filmographie d’Ovidie n’est, bien-sûr, pas sans rappeler celle de Brigitte Lahaie, qui n’apparaît pas dans le film. La poésie et les éléments symboliques présents dans tous les films de Jean Rollin se retrouvent dans cette douce Nuit : le vampirisme, les femmes en fine chemise de nuit (par dessous une épaisse robe de chambre pour Ovidie (Sic !)), les vieilles demeures, les cimetières, les bois (ici la forêt incendiée de Sénart). Le temps s’est de nouveau arrêté dans la demeure de Michel Jean, pardon de Jean Rollin, tournée en partie dans le musée anatomique de la Specola à Florence.
On pourrait se fatiguer d’une telle succession morne de scènes aux situations convenues, mais la découverte de l’univers du réalisateur à travers les yeux de l’innocente cousine Isabelle : les peintures, les sculptures, les bibelots, les livres, les affiches de films qui ont accompagné tout au long de sa vie Jean Rollin est tellement emprunt de mélancolie... On participe à ces instants contemplatifs. 




 La Nuit des horloges est une oeuvre qui parle du passé, ainsi la lenteur de l’histoire, les longs plans séquences, une interprétation monocorde, des dialogues "surréalistes", des références littéraires et cinématographiques oubliées du grand public, installent définitivement le film (et toute l’oeuvre de Rollin) loin de l’attente actuelle d’un septième art (français) plus que formaté.
Ce film testament, tourné avec les propres deniers du réalisateur (3) est-il un cadeau aux fans du cinéaste ou l’émouvante épitaphe d’un réalisateur, ignoré par les critiques, à sa propre oeuvre ?
A vous de voir...



Titre : La Nuit des horloges
Réalisation : Jean Rollin
Scénario : Jean Rollin
Photographie: Norbert Marfaing-Sintes
Pays d'origine : France
Année : 2007
Genre : Fantastique
Durée : 92 minutes (1 h 32)
Pas de sortie en salle

 

(1) Michel Gentil était l’un des pseudonymes de Jean Rollin, inspiré de son véritable nom : Jean Michel Rollin Roth Le Gentil. 

(2) L’innocence d’Ovidie est un amusant clin d’œil à la lumineuse et sulfureuse Brigitte Lahaie, la plus "fameuse" égérie de Jean Rollin. 

(3) Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’était pas le dernier film de Rollin, puisqu’il avait réalisé en 2010, Le Masque de la Méduse avec, de nouveau, Jean-Pierre Bouyxou.

Désir ectoplasmique. L'Emprise - 1982

Une trentenaire, Carla Moran, et non pas Clara Morgane (1), élève seule ses trois enfants dans un pavillon de Los Angeles. Une nuit, elle s’enfuit de chez elle avec ses enfants après s'être faite violer par ce qu’elle décrira à sa meilleure amie être « quelque chose » à la force phénoménale. 
Le psychiatre qu’elle va consulter lui explique que ce qu’elle imagine être des agressions est sans doute causé par ses « difficultés familiales » : l’éclatement de la famille et le concept de la jeune mère célibataire étant considérés à la fin des années 70 comme un mode de vie encore marginal. 
Pourtant, une équipe de parapsychologues s’intéresse à cette femme et à son histoire incroyable. 
Une réplique de la maison « hantée » est alors construite sans le toit afin de capturer l’entité. Je ne veux pas donner la raison de cette particularité pour ne pas dévoiler la scène finale...


C’est bien sûr la représentation des scènes d'agressions sexuelles qui fait la particularité de ce film fantastique de 1982. Les effets spéciaux restent sobres, ainsi la crédibilité de l’histoire est d’autant plus renforcée. 
Dans le générique de fin, on apprend que ce film est inspiré d’une histoire vraie : dans les années 70-80, beaucoup de films fantastiques étaient réalisés d’après des histoires vécues : les plus connues étant l’histoire d’Audrey Rose de Robert Wise, d’après le roman de Frank De Felitta (auteur de The Entity). A noter que Robert Wise, le réalisateur du sublime The Haunting a, pour sa part, largement inspiré le réalisateur de The Entity, Sydney J Furie. Les films Amityville et L’Exorciste ont eux-aussi surfé sur la vague seventies des manifestations occultes. 

La particularité de cette « emprise » est donc ses terribles scènes de viols ectoplasmiques : rarement un film aura été si loin dans la représentation de manifestations liées aux incubes ! L'actrice principale du film, Barbara Hershey, obtiendra d’ailleurs le prix d’interprétation au festival du film fantastique d’Avoriaz en 1983. La scène où le corps invisible de l’esprit « s’allonge » sur la comédienne est, malgré la sobriété des effets spéciaux de l'époque, terrifiante pour le spectateur devenu voyeur malgré lui. Il faut observer l’expression d’horreur de Clara quand elle ressent l’impact des doigts « invisibles » sur son corps nu ! Traumatisant 31 ans après .

The Entity est un film éprouvant pour les nerfs : entre chacune des scènes d’agression, de longues explications scientifiques et des scènes de vie quotidienne à l’atmosphère calme et feutrée annoncent l’imminence des violentes attaques de l’entité. 
La mise en scène nerveuse de Sydney J Furie, dont les prises de vues sont ici originales et bien exploitées, ainsi que la musique puissante et sublime de Charles Bernstein (Qu’est-il arrivé au bébé de Rosemary ?, Cujo, Les Griffes de la nuit) renforcent le climat oppressant et malsain qui émane de ce film.

A découvrir au plus vite mais à réserver à un public averti. 

Post-scriptum de la Dame : deux des scientifiques qui ont rencontré la « vraie » Carla Moran, ont été conseillers techniques du film. 

Titre original : The Entity (L'Emprise)
Réalisation : Sidney J. Furie
Scénario : Frank De Felitta, d'après son roman
Production : Michael Leone, Andrew Pfeffer et Harold Schneider
Musique : Charles Bernstein
Photographie : Stephen H. Burum
Pays : États-Unis
Genre : Horreur
Durée : 125 minutes
Sortie en France : 23 février 1983 avec une interdiction aux moins de 12 ans


(1) Un jeu de mot très prévisible mais de bon aloi !


Vendange mortelle. Les Raisins de la mort - 1978

Il y a plusieurs raisons pour visiter le vignoble de Jean Rollin et y goûter quelques grappes d’une cuvée unique et très particulière. La première raison ? Les Raisins de la mort est le premier film français de Zombie !

Jean Rollin nous a quitté il y a deux ans maintenant, et nous a laissé en héritage des perles rares et étranges, telles que Le Viol du vampire, La Rose de fer, Fascination, La Morte vivante ou La Nuit des traquées. Des films de genre qui resteront à jamais des œuvres très personnelles dont la poésie surréaliste, la mélancolie, l’érotisme éthéré sont encore présents même quand on les revoit de nos jours, tandis que le cinéma fantastique français devient de plus en plus anémié et impersonnel.


Après un creux de la vague qui l’avait amené à (re)visiter le cinéma d’exploitation X, Jean Rollin réalise en 1978 Les Raisins de la mort, un film de commande pour le producteur Claude Guedj et invente le premier film français de zombies. C’est donc grâce au succès populaire d’un nouveau genre dans le cinéma fantastique : le film de zombies (en particulier depuis le succès de La Nuit des morts-vivants de George A. Romero) que Jean Rollin put revenir à la réalisation de films de Série B et (re)devenir cet artiste atypique autant adulé que décrié.


Une jeune femme, Elisabeth, prend le train avec son amie pour rejoindre son fiancé dans le Sud de la France, où celui-ci travaille dans un vignoble à Roblès. Alors que le train semble désert, un homme au visage putréfié pénètre brusquement dans leur compartiment. Échappant de peu à la mort et trébuchant sur le cadavre de son amie massacrée par l’inconnu au visage décomposé, Elisabeth réussit à sauter du train puis se réfugie dans une ferme isolée. Mais les rustiques habitants de la ferme semblent eux-aussi atteints de la même horrible maladie que le fou du train. Elisabeth doit de nouveau se sauver en tuant le fermier, après que celui-ci, dans un accès de folie, massacra sa propre fille. Réfugiée dans la voiture du fermier, Elisabeth voit surgir un nouvel inconnu au visage purulent. Terrorisée, elle réussit à démarrer et à s’enfuir. Mais la voiture tombe en panne.
Une longue errance dans les montagnes du Larzac commence alors pour la jeune femme. Elle rencontre sur son chemin une jeune aveugle nommée Lucie. Elisabeth décide de la raccompagner dans son village, malgré les réticences de la jeune fille à retourner près des siens. Arrivée au village, tandis que la nuit commence à tomber, Elisabeth ne découvre que des cadavres dans les ruelles, tandis que des villageois eux-aussi contaminés sortent hagards des maisons pour se diriger vers les deux femmes. Lucie est capturée et sauvagement tuée. Encore une fois, Elisabeth doit fuir.
Elle trouve refuge dans une très belle demeure aux abords du village, occupée par une jeune femme aussi belle qu’étrange. Celle-ci ne semble pas contaminée mais trouble Elisabeth par ses divagations. Elle la convainc tout de même de fuir avec elle. Mais l’étrange femme est, elle aussi contaminée et livre Elisabeth aux villageois. C’est alors que deux hommes surgissent, attirés par les cris, et commencent à abattre tous les habitants sanguinaires. La belle femme meurt dans le brasier qu’elle avait elle-même allumé, laissant Elisabeth et ses deux sauveurs s’enfuirent. Quand celle-ci apprend que les deux hommes connaissent le vignoble de son fiancé, elle les implore de l’emmener jusqu’au domaine, espérant le retrouver sauf et en sécurité.
Arrivés à destination, les deux hommes partent à la recherche d’un téléphone tandis que la jeune femme explore les bâtiments désertés en quête de son grand amour. Elle le retrouve errant dans un bâtiment du domaine, comprenant bien vite que celui-ci est déjà contaminé. En reconnaissant sa douce, le jeune homme réussit à lui expliquer, avant de perdre totalement la raison, les causes de cette épidémie : un nouveau pesticide avait été utilisé par les propriétaires du vignoble. Le pesticide s’avérant être un poison, il se distilla dans les grappes du raisin, puis dans le vin, contaminant ainsi tous les habitants de la région. En voyant l’un des deux hommes entrer dans le bâtiment, le fiancé, pris de nouveau de démence meurtrière, se jette sur celui-ci qui l’abat aussitôt. Elisabeth, épuisée et désespérée, bascule alors elle aussi dans la folie…


Le film Les Raisins de la mort n’est pas représentatif de l’œuvre de Jean Rollin. Certes.
C’est avant tout un film de commande, mais les Raisins de Rollin marquent un tournant dans sa carrière. Après sa (triste) contribution dans la réalisation de films pornographiques, il rencontre, pendant cette période de vaches maigres, la toute jeune et sulfureuse Brigitte Lahaie. Rollin saisit l’opportunité de quitter la réalisation de films X en tournant ce film d’horreur et donne sa chance à Brigitte Lahaie de quitter elle-aussi le milieu en lui offrant son premier rôle de composition. Il réussira malgré les réticences et protestations du producteur, qui voulait un simple remake français du film de Romero, à imposer son propre scénario.
Ses thèmes préférés sont d’ailleurs bien présents, en particulier dans la première partie du film : la lente et étrange scène de la ferme isolée où règne une atmosphère pesante entre le fermier rustique et menaçant, sa fille réservée et la fragile Elisabeth. On retrouve souvent ce genre de personnages mystérieux mais bien ancrés dans le réel, où le temps semble s’être arrêté dans de vieilles demeures. D’autres plans rappellent la filmographie plus personnelle de Rollin, telle la très lente déambulation d’Elisabeth et de ses deux sauveurs dans un paysage aride et désolé (celui du Larzac en hiver), où des personnages étranges, sanguinaires malgré eux (à défaut de vampires mélancoliques, dans les Raisins ce sont des paysans devenus zombies, mais recouvrant parfois des moments de lucidité). On se surprend alors, à ces moments là, à éprouver une certaine empathie par exemple pour le fiancé d’Elisabeth.

L’érotisme est un thème récurent dans l’œuvre de Jean Rollin. Ici peu de jeunes filles dévêtues, mais la présence de Brigitte Lahaie apporte une certaine note sensuelle au film : nue sous une fine et longue chemise de nuit d’un blanc immaculé, dans une nuit glaciale et étoilée, la belle Brigitte règne sur les zombies rustiques ! Ici point d’esthétisme dans la représentation des meurtres. On est bien loin de la beauté visuelle et glacée d’un Fascination : la jeune aveugle est crucifiée, puis décapitée par son fiancé zombie ou le fermier rugueux du début du film plante une fourche sur le torse de sa fille, tandis qu’un zombie se fracasse le crâne contre la vitre de la voiture où Elisabeth s’était réfugiée, etc... Claude Guedj, le producteur voulant un film gore à la française, Jean Rollin réalisa, dépité, ce genre de plans « Gor…tesques ».


Post-scriptum de la Dame: Les Raisins de la mort sont sortis en France en 1978. Le film a connu un certain succès chez les fans de films d’horreur et a même été montré dans plusieurs festivals internationaux. On peut donc dire que Jean Rollin a rempli son contrat. Il l’a sans doute même trop bien rempli car fort de ce succès, Eurociné (non, ne riez pas !) lui réclame la réalisation (après l’abandon de Jess Franco) du Lac des morts-vivants, le nanar absolu à mon humble avis.


Titre original : Les Raisins de la mort
Réalisation : Jean Rollin
Scénario : Jean Rollin, Jean-Pierre Bouyxou 
Photographie : Claude Bécognée
Musique : Philippe Sissmann
Production : Claude Guedj, Jean-Marc Ghanassia
Pays : France
Genre : horreur
Durée : 85 minutes
Année : 1978



La Tendresse du maudit - 1982

Il y a des films, des chansons, des photographies qui vous marqueront à jamais. Il y a des personnes bien évidemment qui influenceront vos actes ou vous accompagneront tout au long de votre vie, mais il y a également parfois des personnages imaginaires qui viendront se rappeler à vous de temps en temps comme ce Tendre Maudit découvert il y a bien longtemps dans un court-métrage de dix minutes dans La 25ème Heure de Jacques Perrin. Une émission diffusée sur Antenne 2 à l'époque, où l'on pouvait voir d'incroyables documentaires inédits ou de magnifiques films d'animation (1).
Je vis de nouveau ce Maudit lors d'une promenade dominicale près de la Cathédrale Notre-Dame il y a quelques jours...


A l’âge de 13 ans, Jean-Manuel Costa réalise des films d’animations en volume en mettant en scène ses jouets d’enfance. Quelques années plus tard il réalise un chef-d’œuvre obtenant le César du meilleur court métrage d’animation en 1982 avec La Tendresse du maudit.

Un an après avoir obtenu cette récompense bien méritée pour cette perle animée, Jean-Manuel Costa confirme son talent de spécialiste des effets spéciaux (assez rare en France) avec son second court, lui aussi couronné par un nouveau César et toujours dans le genre fantastique, Le Voyage d’Orphée : un long et magnifique travelling animé racontant la descente aux enfers d’Orphée pour retrouver Eurydice sa bien-aimée. le jeune réalisateur s’inspire du King-Kong de 1933 et donne vie à l’une des Gargouilles de la Cathédrale Notre-Dame.
Après un cataclysme nucléaire, une Gargouille décide de défier la Mort et le Mal (représentés par un squelette), puis meurt en voulant « atteindre » le Bien en touchant une statue de la Vierge dont la créature au faciès monstrueux et au regard désespéré était tombée amoureuse.


Dans chacun des courts-métrages de Jean-manuel Costa, il y a cette quête de l’amour impossible qui est toujours magnifié dans des plans minutieusement travaillés. Bien évidemment on peut évoquer les animations de Ray Harryhausen ( Jason et les Argonautes, le Choc des Titans, le septième voyage de Sinbad , etc…). Pourtant le style de Jean-Manuel Costa semble plus ambitieux et c’est vers l’Expressionnisme allemand des films muets des années 20 que son travail semble se diriger. Ainsi ses images animées sont aussi belles, voir élégantes, que des prises de vues réelles. A noter le rendu magnifique des éclairages pour l’ombre et la lumière dans la Cathédrale Notre-Dame.

Jean-Manuel Costa utilise pour son Tendre Maudit et pour son Orphée une caméra 35mm qu’il a lui-même conçue facilitant ainsi les effets de travellings. On peut suivre alors chaque personnage marchant à sa propre vitesse. Remarquable d’ingéniosité ! Afin de faciliter la pose pendant la prise de vue de ses personnages, pas moins de douze articulations sont placées en forme de rotules : c’est « l’articulation Balls & Sockets », méthode utilisée à l’époque aux USA.

Le lyrisme de chacun de ses films, renforcé par un rythme soutenu dans chaque plan, ainsi qu’une histoire forte évoquant la Condition Humaine dans ce qu’elle a de plus absurde ou pathétique, font du travail de Jean-Manuel Costa une œuvre unique en France.



Post-scriptum de la Dame : le fameux générique de l’émission Temps X des frères Bogdanoff a été réalisé par Jean-Manuel Costa, qui a aussi réalisé (il me semble) les SPFX d’Astrolab 22 et Hercule 2

(1) Si quelqu'un a des informations concernant La 25 heure qu'il n'hésite pas à faire partager !

A suivre...



Merci grand-mère ! Le Lac des morts vivants - 1981

En attendant l'humble éloge de la Dame dans le Radiateur au maître du cinéma  français fantastico-érotico-pataud (1), voici une anecdote amusante évoquant leur première rencontre cinématographique :

Rendant visite à sa grand-mère, par un beau dimanche d'été, il y a bien longtemps, La dame dans le radiateur, alors encore adolescente, tombe en arrêt sur une VHS à la jaquette bien incongrue au milieu d'autres cassettes vidéos empilées sur un coin de table : la cassette vidéo du Lac des Morts-Vivants d'un certain J.A. Lazer semblait perdue entre La Grande Illusion, Paris chante toujours, Violettes impériales et autres joyeusetés d'une ère cinématographique bien révolue.

La question ne tarda pas :
- Mamie, tu aimes les films de Jean Rollin ?
La réponse fut encore plus stupéfiante qu'un simple Oui incongru :
- Qui ? Ah, cette cassette ! Non j'achète des VHS bon marché pour enregistrer par dessus.
La dame dans le radiateur en fut pendant quelques instants bouche bée et même médusée. Il lui fallait sauver la VHS ! Le plan sauvetage du Lac de Rollin fut facile à appliquer : la grand-maman aimant beaucoup sa dame dans le radiateur.

C'est ainsi que je découvris mon premier film de Jean Rollin... grâce à ma grand-mère !


La cassette de grand-maman est toujours précieusement conservée n'ayez crainte !

1981, Jean Rollin (qui avait longtemps refusé de porter la paternité de ce film) entre dans la légende du nanar absolu en réalisant Le Lac des Morts-Vivants, film culte du Cinéma Bis.

Vous voulez perdre 1h30 de votre précieux temps ? Alors plongez dans les profondeurs du Lac des Morts-Vivants de J.A. Lazer alias Jean Rollin, mais attention de ne pas vous cogner au rebord de la piscine, car c’est ça Le Lac des Morts-Vivants : une piscine que deux algues et trois nénuphars peine à dissimuler... et produit par Eurociné !

Un régal. A consommer sans modération, mais il faut quand même être prévenu.

Je ne vais pas résumer l’histoire car le scénario a dû tomber dans le lac avant le premier tour de manivelle.
Je peux vous dire par contre que vous verrez quelques soldats nazis transformés en zombies et une poignée de villageois s’improvisant acteurs (récurrent chez Jean Rollin cette utilisation systématique, tel un réflexe de Pavlov, de la faune villageoise française... et quelle faune !).
Le (télé)spectateur remarquera, non sans stupéfaction, que le maquillage (une peinture verdâtre recouvrant le visage et s’arrêtant au cou) des zombies dégoulinent doucement quand les nazis-zombies sortent du lac-piscine.
Quelques baigneuses-basketteuses aux seins nus viennent barboter dans le lac. Pourquoi des basketteuses aux seins nus en pleine campagne dans les années 50 avec des vêtements des années 80 ? Je n’en ai pas la moindre idée ! Mais continuons...
En fait non. Terminons, puis circulez il n'y aura plus rien à voir après un tel visionnage ! Vous pourrez reprendre une activité (j'espère pour vous) normale.

Alors pourquoi s’arrêter sur un tel nanar me direz-vous ?

Le Lac des Morts-Vivants est un film unique. Un pur bijou de ringardise qu’on ne pourrait plus produire de nos jours. Un bel hommage à l’inutilité en cette époque de productivité vénale. Peu importe un montage approximatif, un jeu d’acteurs insipide, un scénario perdu au fond d’un lac-piscine.
Par contre, si vous voulez quand même regarder jusqu’à la fin, je ne vous garantis pas qu’à un moment vous risquez de sombrer dans un profond sommeil, et ce n’est pas les quelques scènes d’un érotisme tiédasse qui vont vous tenir éveillé !
On peut toujours, entre deux bâillements, s’amuser à compter les scènes où la caméra (voir l’équipe entière de tournage) apparaît dans les miroirs.

C’est, en tout cas, malgré toutes ces approximations (volontaires ? Même pas), et avec la nostalgie d’une époque révolue que j'aime toujours m’attarder au bord du plus beau lac du Cinéma Bis.


Titre original : Le Lac des morts vivants (ou Zombie Lake)
Réalisation : Jean Rollin
Scénario : Julián Esteban et Jesus Franco
Photographie : Max Monteillet
Musique : Daniel White
Production : Eurociné
Pays : France, Espagne
Genre : horreur
Durée : 90 minutes
Année : 1981

(1) Mais de qui diable suis-je entrain de parler ? Jean Rollin bien sûr !



L'homme est un loup pour l'homme. Wolfen - 1981

Wolfen est un film américain de 1981 réalisé par Michael Wadleigh, adapté du roman de Whitley Strieber. C'est un film qui date un peu c'est vrai, mais à recommander pour les amateurs de cinéma fantastique plutôt "sophistiqué" grâce à sa mise en scène recherchée et aux effets spéciaux originaux (1).

Son histoire est elle aussi très originale : un riche homme d'affaires et sa femme sont retrouvés massacrés dans un parc de Manhattan.
Dewey Wilson, un inspecteur de police (l'impeccable Albert Finney) et une psychologue vont mener l'enquête. Bientôt d'autres corps vont être découverts dans le Bronx. Cette fois-çi ce sont des clochards. Seuls les blessures similaires sur chacun des corps vont relier les deux affaires. L'enquête va prendre une tournure surréaliste quand des poils de loups vont être retrouvés sur les cadavres déchiquetés...


Dès le générique, on est plongé dans une atmosphère étrange avec la musique "sublime" de James Horner, Brainstorm, Aliens 2, etc... et bien sûr hum...Titanic), accentuée par les magnifiques images de descendants d'indiens se tenant graves et silencieux au sommet du pont de Brooklyn, dominant un New York crépusculaire.
Le contraste est saisissant : une poignée d'hommes (les indiens respectueux de la nature) faisant face au Wall Trade Center symbole du capitalisme outrancier des années 80.

Les images qui suivent nous donnent une vision d'un New-York d'Apocalypse : des quartiers laissés à l'abandon, des églises en ruines. On pense aux dernières images de La Planète des Singes de Franklin J. Schaffner quand Charlton Heston découvre sur une plage les vestiges de New York.
Très vite, les spectateurs de l'époque qui croyaient voir un film de loup-garou comprennent que Wolfen allait être bien plus exigeant.

Wolfen est un film ambitieux par sa mise en scène efficace et par ses effets spéciaux ingénieux, qui amènent peu à peu le spectateur à se sentir "concerné" par ce qu'on lui montre.
Comme le policier, homme désabusé et distant, on découvre une réalité divergente à mesure que les repères s'effritent pour laisser place aux doutes.

Eddie Holt, un personnage étrange et ambïgue va finir par briser les repères du policier (et du spectateur). Edward James Olmos (Blade Runner) incarne Eddie, le descendant d'un indien. Il est un peu le guide du policier sur le chemin de la "vérité". A noter la performance d'acteur d'Eward James Olmos dans une très belle scène où il entre en transe (lycantropie ?) par une nuit de pleine lune, et ce, sans effets spéciaux ! Eddie annoncera d'ailleurs au policier : "Tout est dans la tête ."
La force de Wolfen, c'est d'avoir adopté la vision du "tueur" grâce au principe de la steady-cam qui rappelle alors le pas fluide et lèger d'un animal. Le spectateur se met (malgré lui) à sa place : il voit à travers son regard, il est à sa "hauteur" ! Quand c'est le "tueur" qui observe, les couleurs changent grâce à un très bon procèdé optique. Les voix humaines sont transformées et deviennent inquiètantes voire menacantes. Ces differents effets (simplissime de nos jours mais toujours efficace) montrent une autre réalité : celle du "tueur".
Malgré les massacres perpétrés au début du film, le spectateur bascule peu à peu du côté du "coupable" tant la mise en scène et les effets spéciaux sont réussis. Et quand ce "tueur" fait face aux policiers (et au spectateur) on ressent un tel frisson tant son regard est puissant et magnétique...

Alors Wolfen est-il un film fantastique ? Oui et je me plussoie !
C'est un film d'une beauté onirique : jusqu'à la fin du film, on ne sait plus où se situe la réalité. On ne sait pas si des indiens se sont réincarnés dans une meute de loups règnant sur les vestiges d'une humanité en
déclin.
La nature a-t'elle uni ses dernières forces (loups et indiens) pour se réapproprier ses droits ?
Dans la scène finale, le policier Wilson finira par comprendre et voir...

Mais Wolfen a cette force de laisser le spectateur voir ce qu'il veut. Ainsi les dernières images du film nous ramènent au sommet du pont de Brooklyn où deux indiens semblent attendre le moment où leur "réalité" deviendra celle de tous les hommes.

A vous de voir...

(1) SPFX originaux pour l'époque, car forcément en 2012 ce n'est plus évident de s'aligner avec cette sacro-sainte 3D !

Titre original : Wolfen
Réalisation : Michael Wadleigh
Scénario : Michael Wadleigh, David Eyre, Eric Roth (d'après le roman éponyme de Whitley Strieber).
Production : Rupert Hitzig et Alan King
Sociétés de production : Warner BrosMusique : James Horner
Photographie : Gerry Fisher
Pays d'origine : États-Unis
Genre : Fantastique, Policier
Durée : 115 minutes
Année : 1981



Il était une fois, la suite laborieuse d'un remake fauché. 2001 Maniacs : Field of screams - 2010

Mon enthousiasme débordant à vouloir découvrir de nouveaux films m'a joué un bien mauvais tour dernièrement quand je décidai de regarder, sans vérification préalable, un dvd récemment distribué par Zylo (sorti en France le 19 janvier 2012), et que je crus être le remake du film de Hershell Gordon Lewis, 2000 Maniacs (1964).
Pensant déjà à la sympathique chronique que je ferais après visionnage, mon enthousiasme s'évanouit dès les premières minutes du film... 2001 Maniacs : Field of screams étant la suite du remake !


Longtemps appelé 2001 Maniacs : The Hillbillies Have Eyes, la suite du premier film de Tim Sullivan devint 2001 Maniacs : Field of screams.
Le scénario dut être allégé par manque de temps et un budget réduit à une peau de chagrin. L'idée première d'emmener nos rednecks cannibales sudistes de Pleasant Valley sur les collines de Los Angeles se transforma en un simple périple champêtre : une équipe de télévision perdue au fin fond de l'Iowa, les Deux-Sèvres français (1). C'est dire le maigre budget alloué à l'équipe !


Les Maniacs, sorte de white-trash zombies, et néanmoins confédérés (sic !), sortis tout droit de 2001 Maniacs (tout le monde suit ?), se désespèrent de ne pas avoir de nouvelles victimes nordistes à se mettre sous la dent. 
Ils décident donc de quitter leur cher Sud (pas facile à prononcer « cher Sud »), en créant une foire itinérante. Direction le Nord et plus exactement le Middle-West !
La jeune équipe de production d'une populaire émission de télé-réalité Road Rascals va alors croiser la route de nos Maniacs. Ravie de pouvoir utiliser la fête organisée par les chaleureux et rustiques membres de cette foire itinérante, la productrice de l'émission oblige ses deux vedettes (des clones de Paris Hilton et de Nicole Ritchie) à participer au spectacle "gorgantuesque" organisé par ces artistes sudistes.


Tim Sullivan retrouve son équipe de 2001 Maniacs, mais sans son acteur principal, Robert Englund (pourtant l'unique garant de la crédibilité de ce projet périlleux). Il sera remplacé par Bill Moseley (le terrifiant Chop-Top de Massacre à la Tronçonneuse 2). Les autres acteurs principaux de 2001 Maniacs sont, eux, encore de la fête : Lin Shaye (Mamie Boone) et la sulfureuse Christa Campbell (Marie la Laitière), tandis que l'acteur Ahmed Best (Jar-Jar Binks dans Star Wars : La Menace Fantôme) rejoint les sudistes déjantés.


Désirant garder le contrôle total de son film, le réalisateur Tim Sullivan a dù se contenter d'un bugdet minuscule, limitant par conséquent son scénario au strict minimun. L'accumulation de clichés lourds et de 12 jours de tournage seulement vont terminer d'embourber le réalisateur de Driftwood (2006) dans une réalisation mal maitrisée, voire ratée. Pas la peine d'espérer retrouver des clins d'œil cinématographiques ou des dialogues devenus cultes issus de son premier remake, seuls les fans de 2001 Maniacs sauront apprécier "l'œuvre". D'ailleurs la jaquette française du dvd résume assez bien la situation : "Le dernier volet de la trilogie des Maniacs tant attendu par ses fans !" parce que, croyez-moi, les non fans peuvent passer leur chemin.


Bien sûr, on peut noter la volonté du réalisateur de vouloir dénoncer la culture populaire américaine (la téléréalité genre The Simple Life ou la génération MTV), mais devait-il se mettre au niveau de cette même sous-culture, en utilisant un humour prépubère, raciste et homophobe ?
Exemple : "C'est Jésus (2), il va nous sauver !" ou "quelle est la différence entre un israélien et un israélite ? 100 calories," dixit le chef des cannibales en désignant l'une des victimes qui arborent fièrement des papillotes.
Une réplique du film est à retenir toutefois (3) :"Toute ma vie, j'ai gardé mon cœur dans le placard, mais ces derniers temps, c'est mon c... qui arrête pas d'en sortir", etc...

J’imagine quelques rictus amusés de certains lecteurs, mais quelle lourdeur tout de même, le film durant 90 minutes !

A des années-lumière de 2000 Maniacs de H. G Lewis, Tim Sullivan a oublié les codes du Slasher et surtout du Gore, pour jouer la seule carte du mauvais goût, et en plus pas drôle du tout.
Pourtant, et là mon enthousiasme reprend le dessus, Tim Sullivan n'en reste pas moins celui qui a réussi, avec son premier film, à remettre d’actualité un classique du film Gore réalisé il y a plus de 48 ans !


(1) Sans les petits lapins de Freddy... Comprenne qui peut !
(2) Jésus étant le prénom de l'un des jeunes techniciens de l'émission
(3) Pour les moins sensibles d'entre nous tout de même.

Post-scriptum de la Dame : découvrez d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film d'horreur et la catégorie Film gore.

Titre original : 2001 Maniacs : Field of screams
Réalisation : Tim Sullivan
Scénario : Chris Kobin et Tim Sullivan
Production : Tax Credit Finance
Pays : USA Genre : horreur, comédie
Durée : 84 minutes
Année : 2010